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PS: L'affaire Guerini va plomber les primaires

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Le feuilleton judiciaire autour de Jean-Noël Guérini et du PS marseillais continue. Alors que l’enquête judiciaire semble se rapprocher du président du conseil général des Bouches-du-Rhône, la direction du PS reste de marbre. L’affaire Guérini va plomber les primaires !

Les mois passent et il est de plus en plus évident que la direction du PS ne sait pas comment faire pour vider le sac d’embrouilles marseillais. On peut même dire que le sac se remplit à vue d’œil, puisque la justice entend chaque semaine des collaborateurs de Jean-Noël Guérini, qu’on en est à 4 perquisitions au conseil général, que ce matin encore le journal local La Provence révèle que Guérini est mis en cause par une de ses plus proches conseillères… Et que, parallèlement, l’enquête interne qui a été commandée par Martine Aubry a recueilli une foule de témoignages accablants sur les méthodes en vigueur au PS marseillais. Eh bien, avec tout ça, toujours rien. Il a même été décidé de reporter la remise des conclusions de cette enquête interne. Visiblement, le plus tard sera le mieux !

Est-ce qu’on sait pourquoi ce rapport est retardé ?

Il y a une explication imparable : il devait être remis au PS le 28 juin – le jour de l’ouverture de la primaire ! C’est vrai que la coïncidence est fâcheuse. Bizarrement, personne n’y avait pensé avant et il faut préciser qu’en fait, le rapport a déjà été retardé une 1ère fois. Et que le courrier d’Arnaud Montebourg qui a déclenché cette vérification interne date, lui, du mois de décembre ! On ne peut pas dire que ce soit l’état d’urgence… En réalité, ce qui est clair, c’est que Martine Aubry ne veut pas avoir à trancher ce litige au moment où elle va se déclarer. Comme elle va annoncer en même temps qu’elle quitte la tête du PS le temps de la campagne, elle laisse faire ça à celui (ou à ceux) qui vont lui succéder. Ce n’est plus l’affaire Guérini, c’est l’affaire Mistigri !

Est-ce que Jean-Noël Guérini est intouchable au PS parce que son poids politique est trop important et qu’il pourrait peser sur la primaire ?

On pouvait le penser au début de l’affaire mais plus maintenant. D’une façon ou d’une autre, le PS des Bouches-du-Rhône va être mis sous surveillance. Ce sera difficile d’essayer d’influencer le vote. Ce qui joue en faveur de Guérini, ce sont des réseaux, des solidarités ; et le fait que Martine Aubry a peur que la suspicion s’étende à d’autres départements. L’idéal, pour elle, ce serait que la justice fasse le travail : que Guérini soit mis en examen, que des fraudes soient établies – non plus dans le fonctionnement du PS mais dans les attributions de marchés, dans l’usage de l’argent public, avec du népotisme, du favoritisme. Disons le clairement : c’est un scénario qui est de plus en plus plausible.

Ce n’est pas la première fois qu’un élu est suspecté de malversations dans une grande collectivité. En quoi cette affaire a une dimension exceptionnelle ?

Parce qu'il y a des intérêts croisés entre la politique et le banditisme qui apparaissent à de multiples indices dans le dossier du juge. Cette affaire va très, très au-delà des clichés sur le clientélisme marseillais. On est plus près de Borsalino que de Pagnol. Si on accepte que de telles choses se passent dans la 2è ville de France, c’est bien la peine d’imposer des cours de morale dans toutes les écoles primaires !

Ecoutez « le parti pris » de ce Vendredi 24 juin 2011 avec Hervé Gattegno et Jean-Jacques Bourdin sur RMC :

Hervé Gattegno