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Régionales: quand les politiques chassent les voix des chasseurs

VOUS VOULEZ QUE ÇA BOUGE ? Jusqu'au 13 décembre, second tour des régionales, Marie Régnier parcourt la France à la rencontre des électeurs. Ce jeudi, RMC était à Bourriot-Bergonce, au milieu de la forêt des Landes avec les chasseurs, plus écolos qu'il n'y paraît.

Le rendez-vous a été fixé à 8 heures du matin, sur la place centrale de Bourriot-Bergonce, village de 335 âmes, au milieu de l'immense forêt des Landes. Le jour se lève à peine, les pins ont encore du mal à se dépatouiller de la brume, mais une cinquantaine de chasseurs sont déjà rassemblés là, devant le bar du village, casquette et gilet orange sur les treillis, fusil à l'épaule et prêts au départ. Quelques consignes de sécurité - "pas de chevrotine aujourd'hui, on tire toujours à plomb"-, et c'est parti pour une journée de chasse au chevreuil.

"Quand vous expliquez aux enfants qu'il ne faut pas tuer Bambi…"

Avec la meute des chiens, on serait presque impressionné par le groupe de chasseurs. Et pourtant… "A Bourriote, il y a dix ans, on faisait quatre groupes, mais aujourd'hui on a le plus grand mal à en faire un seul", se désole un chasseur. Le chasseur, une espèce en voie de disparition ? "Quand vous expliquez aux enfants qu'il ne faut pas tuer Bambi, qu'il est mignon chez Walt Disney, vous avez du mal à en faire des chasseurs à 16 ans lorsqu'ils peuvent passer le permis de chasse. Bon, ce n'est pas forcément merveilleux de tuer Bambi, mais il faut en prélever des Bambi, parce que sinon on court à la catastrophe".

Les chasseurs, souvent décriés, assurent en effet une régulation essentielle des animaux. "Ça me fait sourire quand je vois les écolos et les anti-chasses qui tapent systématiquement sur les chasseurs. Ils n'ont qu'à attendre gentiment et dans quelques années, il n'y aura plus personne pour chasser".

"En période d'élection on est toujours beaux et indispensables"

Si le chasseur est une espèce en déclin, elle n'en est pas moins courtisée en période d'élection. Les candidats aimeraient bien trouver chasseurs à leur pied. "Forcément, le chasseur c'est un bulletin de vote comme les autres, s'amuse l'un d'entre eux. En période d'élection on est toujours gentils, beaux et indispensables".

Des politiques pas toujours bien accueillis. Qu'il vienne de la grande ville, et surtout qu'il ait des velléités écologiques, et là… "S'ils sortaient de Paris et venaient réellement sur le terrain, ils pourraient voir autre chose", soupire un électeur - chasseur. Un autre critique : "On ne peut pas raisonner l'écologie en étant un technocrate, sans être immergé. Il faut avoir de la glaise sur les bottes pour pouvoir parler de ça correctement. On peut raisonner sur des tableaux Excel mais on est alors forcément déshumanisé, ce n'est pas possible."

"Être chasseur, y a pas plus bio"

Et pourtant, "être chasseur, y a pas plus bio", nous explique l'un d'entre eux, plus amoureux de la nature qu'assassin d'animaux. "Aujourd'hui c'est vraiment dans l'air du temps de venir dans les bois pour prélever l'animal qu'on va consommer par la suite. Donc il n'y a pas plus bio et plus local comme type de consommation". On pensait qu'il n'y avait que des bons ou des mauvais chasseurs. Il y aurait donc maintenant des chasseurs bio…

Les chasseurs landais prennent la pose avec la voiture RMC de Marie Régnier.
Les chasseurs landais prennent la pose avec la voiture RMC de Marie Régnier. © RMC - Marie Régnier
Philippe Gril avec Marie Régnier