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Renaud Muselier tacle Valérie Pécresse: "Quand on n'a pas de ligne politique claire, on n'est pas capable de gagner une élection nationale"

Invité de la Matinale Week-End de RMC, ce dimanche, Renaud Muselier, président de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur est revenu sur son départ des Républicains et son ralliement à Emmanuel Macron.

Le président de la région Sud - Provence-Alpes-Côte-d’Azur, Renaud Muselier était l’invité politique de la Matinale Week-End de RMC. Celui qui a quitté son parti d’origine, Les Républicains, en novembre dernier, estime que son camp n’a pas répondu à la question cruciale qui aurait pu le faire rester, lui et quelques autres élus de sa région, comme Martine Vassal ou Christian Estrosi: "En cas d’élimination au premier tour, pour qui appellerez-vous à voter ?"

"Un combat difficile"

Ça a été un "combat difficile avec ma propre famille politique" concède l’ancien Secrétaire d'État aux Affaires étrangères. "Ils ont refusé de répondre à mes questions", explique-t-il, réaffirmant sa ligne: "Je suis contre le Rassemblement national, contre l’extrême-droite. Dans mon ancienne famille politique, il n’y a jamais eu de réponse."

"Je suis un Chiraquien, un Sarkozyste. Le président Chirac avait mis une digue avec le Front National et en empêchant certains d’y partir. Monsieur Sarkozy avait gagné en siphonnant l’électorat du FN. Aujourd’hui, on est dans une situation où Les Républicains sont dans le grand écart idéologique."

Il tire à boulets rouge sur Valérie Pécresse

"Ma droite républicaine, avec un certain nombre de barons locaux, est capable de gouverner avec une ligne politique claire" affirme Renaud Muselier dans une sorte de contradiction avec la campagne que vit Valérie Pécresse.

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Cinglant, il estime que "quand on n’a pas de ligne politique claire, avec un leader qui est formel sur sa ligne politique, on n’est pas capable de gagner des élections nationales." Un message à la leader de son ancienne famille politique, lui qui a décidé de soutenir Emmanuel Macron pour cette élection présidentielle.

"Madame Pécresse retourne à son échantillonnage de base: 10%. Elle avait fait une percée grâce à sa victoire à la primaire, en s’alignant sur le premier des candidats, c’était le premier étage de la fusée. Le deuxième étage ne s’est jamais allumé, elle revient à son échantillonnage d’origine", estime l’ancien député européen.

Pour un débat du premier tour

Pour le président de la région PACA, il faut un débat du premier tour, quelque chose de "normal en démocratie", car "on ne gagne pas sur un bilan, mais sur un projet". Il juge qu’Emmanuel Macron doit désormais parler de l’avenir et de son projet.

Le soutien du chef de l’État étrille aussi les autres candidats à la présidentielle, alors qu’Emmanuel Macon "a endossé le costume de chef de guerre." "Il y a un problème de niveau. La stratégie de démolir le bilan de M.Macron, pendant la pré-campagne, avant la guerre, n’a pas été efficace", estime-t-il.

Maxime Martinez