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Retour sur le "show Hollande"

Christophe Jakubyszyn.

Christophe Jakubyszyn. - -

Hier dimanche, rien n'a été laissé au hasard dans le discours du candidat socialiste à la présidentielle, François Hollande. Mise en scène bien ficelée, contenu savamment distillé : que faut-il en retenir ?

D’abord, parlons du show. Du show Hollande. Car il ne s’agissait pas seulement d’un discours politique, mais d’un véritable spectacle. Un spectacle confié à un metteur en scène, André Loncle, qui a organisé 23 concerts du compositeur Jean-Michel Jarre. Un spectacle avec une première partie, Yannick Noah, qui a assuré 15 minutes de concert. Et un clip de quelques minutes réalisé par le cinéaste Djamel Bensalah. Ensuite une mise en scène du spectacle, pardon, du discours, réglé au cordeau.

Les éléphants mis à distance

Au premier rang mais jamais sur scène, il y a eu une utilisation très subtile des éléphants du PS. Il y avait de l’émotion, de la fraternité avec le gros plan sur le petit clin d’œil de Martine Aubry juste avant le début du discours. Les pouces levés en signe d’encouragement d’Arnaud Montebourg, le fils maudit du Parti socialiste. Ils étaient bien là, au premier rang. Mais même à la fin, ils n’ont pas rejoint le candidat sur scène. François Hollande y était toujours seul pour chanter la Marseillaise, entouré d’enfants. D’enfants de toutes origines, de toutes couleurs.

Rien n’a été laissé au hasard...

Même pas les images, car le show était filmé par le PS, qui a généreusement offert les images en direct à toutes les télés. En 2007, Nicolas Sarkozy, qui avait été l’un des premiers à produire ses discours, avait été largement critiqué. En 2012, c’est devenu la norme, et personne ne s’en émeut.
Restons vigileant, ouvrons les yeux, attention au pouvoir des images.

Autre objectif du discours du Bourget : installer l'homme Hollande

Il a fendu l’armure, comme on dit. Il fallait qu’il soit en première ligne, seul face à la France et son destin. Tout a commencé le matin dans le Journal du dimanche, avec une photo de François Hollande, seul devant son bureau, avec une feuille et un stylo. Ensuite, l’après-midi: 232. C’est le nombre de fois où François Hollande a prononcé le mot « je » dans son discours. Parler de soi, c’est aussi parler de son enfance. Et dans ce type de discours, c’est devenu le passage obligé, lever un voile sur son enfance. Vous vous souvenez de Nicolas Sarkozy qui s’était décrit comme « petit Français de sang mêlé ». Hier, François Hollande a parlé de ses parents. Candidat à la présidentielle, ce n’est pas seulement un programme, c’est un homme qu’il faut vendre aux Français. En 2012 c’est aussi ça, la politique.

Pour écouter la chronique de Christophe Jakubyszyn, "Les coulisses de la politique" de ce lundi 23 janvier à 7h20, cliquez ici.

Christophe Jakubyszyn