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Royal pense « sincèrement » que Woerth ment

Ségolène Royal, invitée de Bourdin Direct ce merdredi

Ségolène Royal, invitée de Bourdin Direct ce merdredi - -

Invitée ce mercredi de Bourdin Direct, la présidente PS de Poitou-Charentes estime que le ministre du Travail ne dit pas la vérité en niant avoir porté la demande de Légion d'honneur de Patrice de Maistre.

Alors qu'Eric Woerth soutient le contraire depuis la révélation de cette affaire, une lettre manuscrite prouverait qu'il a soutenu la demande de légion d'honneur du gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, Patrice de Maistre. Pour Ségolène Royal, invitée de «Bourdin Direct» ce mercredi sur RMC, cela ne fait aucun doute : le ministre du Travail ne dit pas la vérité en niant avoir porté cette demande de Légion d'honneur : « Sincèrement, je le pense, oui... »

« Il a d’abord prétendu qu’il ne connaissait pas Monsieur de Maistre, le gérant de la fortune de Madame Bettencourt, à qui il a demandé le recrutement de sa femme, qui, en plus, fait partie des cercles de milliardaires de l’UMP, et on découvre ensuite que non seulement il le connaît très bien mais qu’il lui a remis la légion d’honneur lui-même, et qu’il est, en plus, intervenu pour que son propre comptable ait la légion d’honneur. Il y a quelque chose de très choquant. La légion d’honneur a quand même un sens en France. C’est quand même réservé à des personnalités qui ont rendu un grand service à leur pays. Ce n’est pas fait pour récompenser les financeurs milliardaires de l’UMP. Donc il y a un dévoiement. Il y a une corruption de l’esprit même de la République. C’est à cela qu’il faut mettre fin. Il faut vraiment mettre fin à la parenthèse Sarkozy en 2012 parce que là, la France est tirée trop gravement vers le bas. »

« Kouchner et Morin rendraient service au pays s’ils quittaient le gouvernement »

Evoquant les prises de distances récemment affichées du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner et du ministre de la Défense Hervé Morin, Ségolène Royal confie que leur démission seraient souhaitables pour la majorité comme pour la France : « Il faut qu’ils défendent les valeurs républicaines auxquelles ils croient. Ils le font avec un début de courage en osant évoquer publiquement leur désaccord de fond. Ils doivent le dire beaucoup plus haut et beaucoup plus fort pour rendre service à notre pays. Ils rendraient service au pays s’ils quittaient le gouvernement. Peut-être que le président de la République se rendrait compte qu’il faut changer de politique et revenir à des valeurs morales plus sérieuses. »

« Fillon, Bertrand et Copé se battent manifestement pour prendre la tête de l’UMP »

La présidente de la région Poitou-Charentes s'est par ailleurs insurgée contre «la guerre interne» qui sévit au sein de la majorité ces derniers temps. Elle dénonce une situation «gravissime»: « C’est grave ce qui se passe à l’UMP. Il y a une crise institutionnelle majeure. On voit des ministres, parmi les plus importants, qui ont aujourd’hui des états d’âme... Le deuxième aspect de cette crise, c’est la guerre interne entre les dirigeants de l’UMP. Le président de la République avait déclaré qu’il voulait faire la guerre à la délinquance et aujourd’hui on voit les responsables de l’UMP qui se font la guerre entre eux alors que le pays est plongé dans un chaos, dans une crise morale, sociale, éducative. Fillon, Bertrand et Copé se battent manifestement pour prendre la tête de l’UMP. Tout ça est gravissime. »

« Je vous le dirais le moment venu »

Enfin, l'ancienne candidate à la présidentielle 2007, a une nouvelle fois refusé d'évoquer sa possible candidature en 2012. « Je vous le dirais le moment venu. Je m’impose un certain nombre de règles parce que c’est nécessaire pour les conditions de la victoire. Quel que soit le candidat, ce qui est important, c’est que nous puissions gagner l’élection présidentielle. Et cette gagne se place d’abord dans le rassemblement des socialistes. C’est pour cela que je fais cet effort d’union, et que Martine Aubry le fait également » a-t-elle déclaré, confiant malgré tout avoir fait des concessions : « Bien sûr [que j’ai pris sur moi]. Vous savez quand même tout ce que j’ai subi. Bien sûr que c’est difficile. »

Pour retrouver l'intégralité du podcast de Ségolène Royal chez Jean-Jacques Bourdin, cliquez ici.

bourdinandco