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Sarkozy critiqué dans son camp: "Il a été tellement détesté pendant son mandat, ça lui colle à la peau"

Nicolas Sarkozy est vivement critiqué, jusque dans son propre camp

Nicolas Sarkozy est vivement critiqué, jusque dans son propre camp - ERIC FEFERBERG / AFP

REPORTAGE - Pour le second tour des régionales, Les Républicains sont presque tous tombés d'accord sur la stratégie du "ni fusion ni retrait" de listes prônée par leur président Nicolas Sarkozy. Mais, sur le terrain, cette stratégie est vivement critiquée par les sympathisants de droite.

Réunis en bureau politique, Les Républicains sont presque tous tombés d'accord ce lundi sur la stratégie du "ni fusion ni retrait" de listes prônée par leur président Nicolas Sarkozy. Presque tous, car deux caciques, Nathalie Kosciusko-Morizet, numéro deux du parti, et Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre, ont fait part de leur désaccord. Mais tous les autres membres du bureau politique des Républicains ont approuvé. Cette quasi-unanimité est loin de signifier que les responsables du parti font bloc derrière l'ancien président de la République Sarkozy: Eric Woerth, chargé du projet, et surtout Hervé Mariton ont ainsi déclaré qu'il n'y avait pas de leader au sein des Républicains.

"Il m'a un petit peu déçu"

C’est aussi le sentiment de certains militants et sympathisants LR de Normandie rencontrés ce lundi par RMC. Dans leur viseur, là encore: Nicolas Sarkozy. Certains se demandent en effet si l'ex-chef de l'Etat n'a pas une part de responsabilité dans les résultats contrastés des élections régionales. En tout cas, sa ligne politique n’est plus la bonne affirme Annick, une militante de la première heure. "J'étais Nicolas Sarkozy mais c'est vrai qu'il m'a un petit peu déçu…"

"Il est ambitieux, il veut le pouvoir mais bon il a raté une fois. Il faut changer maintenant", estime-t-elle encore. Changer de programme, de discours pour battre le FN dit la jeune retraitée. C’est même l’homme qui devrait se mettre en retrait selon Odile et Claude, un couple de sympathisants de droite. "Il n'a pas forcément un caractère adapté à la situation actuelle", croit savoir celui-ci. Et elle d'ajouter: "Et puis, il a été tellement détesté pendant son mandat, tellement détesté que ça lui colle à la peau".

"Nous avons besoin de renouvellement"

Même Bruno Le Maire, député Les Républicains de l'Eure, n’hésite, lui aussi, pas à écorner la politique de son parti: "Nous avons du mal à retrouver notre crédibilité. Oui, nous avons besoin de renouvellement, de présenter des projets clairs, déterminés". Si des critiques fusent dès à présent, d'autres attendent l'après second tour pour exprimer franchement leurs réserves sur la ligne politique de Sarkozy.

"Au lendemain de l'élection, après le deuxième tour, il va falloir que nous ouvrions un débat sur la situation actuelle qui fait que -soyons lucides- nous ne sommes pas audibles", a ainsi affirmé Alain Juppé, rejoint par François Fillon, partisan de "reporter après le second tour les examens de conscience". En cas de grosse déconvenue ce dimanche, pour 2017, le leadership de Nicolas Sarkozy risque clairement d'être remis en cause…

Maxime Ricard avec Antoine Perrin