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Sarkozy enjambe 2 quinquennats… sans être candidat !

Les Coulisses de la Politique, de Christophe Jakubyszyn, du lundi au vendredi à 7h20 sur RMC.

Les Coulisses de la Politique, de Christophe Jakubyszyn, du lundi au vendredi à 7h20 sur RMC. - -

Nicolas Sarkozy est-il entré en campagne lors de son intervention télévisée ce dimanche soir ? Il a en tout cas fait un pas dans cette direction. Mais les mesures qu'il propose sont difficilement compatibles avec son calendrier...

Nicolas Sarkozy hier n’avait d’yeux que pour l’Allemagne. Il a cité onze fois l’Allemagne en exemple. Il faut dire qu’on avait appris le matin grâce au Journal du dimanche qu’Angela Merkel avait choisi Nicolas Sarkozy pour 2012. Elle viendra même en meeting encourager le candidat.

Alors Nicolas Sarkozy est-il entré hier en campagne ?

Officiellement, on en est là : « J’ai un rendez-vous avec les Français ; je ne me déroberai pas, et franchement, ça approche ». On ne va pas s’éterniser sur le fait qu’il est ou pas officiellement candidat. Ce qui est plus troublant, plus inconfortable pour lui je trouve, c’est qu’il a établi une feuille de route sur… neuf mois. Je rappelle au président qu’il ne reste plus que 83 jours avant le premier tour de l’élection. Or, que nous dit-il ? Que les accords de compétitivité emploi : une lettre de François Fillon sera envoyée dès aujourd’hui aux partenaires sociaux. La hausse de 30% des autorisations de construire pour les terrains, les maisons, les immeubles, au conseil des ministres du 1er février. Mais pour la taxe sur les transactions financières, il faudra attendre le mois d’août. Et la TVA sociale sera appliquée le 1er octobre. Autrement dit, il enjambe deux quinquennats. Mais il n’est pas candidat.

La TVA sociale, c’est donc la principale annonce d’hier soir.

D’abord, le président ne veut pas qu’on dise TVA sociale : « Ce mot n’a aucun sens ; vous ne m’avez jamais entendu le prononcer ». Pourtant, en juin 2007, c’est lui qui en parlait : « Si la TVA sociale est bonne pour l’emploi et la croissance, et ne pénalise pas le pouvoir d’achat, nous la ferons ».
Mais revenons au fond. 13 milliards d’euros, c’est une mesure importante. Avec d’un côté la baisse des charges patronales ; j’ai fait le calcul, pour un salarié payé deux fois le Smic, ça représente 120 euros de charges en moins pour l’employeur. Et pour compenser ce manque à gagner, la hausse de la TVA de 1,6 point : on passe de 19,6 à 21,2%.
Et là, c’est une décision délicate du chef de l’Etat. Certains de ses ministres, comme Xavier Bertrand, suggéraient de baisser en partie les cotisations salariés pour augmenter le salaire net. Mais Nicolas Sarkozy a voulu baisser le coût du travail. C’est courageux et un peu téméraire. Les Français vont-ils le suivre ? Réponse dans 83 jours.

Pour écouter la chronique de Christophe Jakubyszyn, "Les coulisses de la politique" de ce lundi 30 janvier à 7h20, cliquez ici.

Christophe Jakubyszyn