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Sarkozy n'a pas le choix: il doit se représenter

Le Parti Pris d'Hervé Gattegno, tous les matins à 8h25 sur RMC.

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Nicolas Sarkozy est-il forcément le meilleur candidat pour son camp ? C'est la question qui agite l'UMP et qui est posée ouvertement depuis la défaite de la droite au Sénat. Le chef de l'État n'a pas le choix : il doit briguer un second mandat.

La question peut sembler artificielle parce que tout le monde sait qu’il va se représenter - il est même déjà en campagne. Mais dans les conjectures actuelles, on avance tous les critères sauf le bon : des critères arithmétiques, tactiques, hiérarchiques – est-ce qu’il est bien placé dans les sondages, est-ce qu’il peut rassembler son camp… On oublie l’argument démocratique : le seul moyen pour les citoyens de juger l’action du président, sa politique, son bilan, son style, c’est qu’il soit à nouveau candidat. S’il ne le faisait pas, Nicolas Sarkozy les priverait de ce droit. Donc il ne ferait pas son devoir.

La question se pose tout de même: un sondage paru hier dans Libération montrait que 68% des Français pensent qu'il sera battu s'il est candidat.

Raison de plus pour lui interdire de se défiler. Depuis son élection, Nicolas Sarkozy a perdu tous les scrutins intermédiaires et sa popularité a énormément chuté. Il a modifié certains points de sa politique, mais globalement, il n’a pas tiré de conséquence de ces désaveux – il n’a même pas changé de premier ministre. C’est la logique d’un système dans lequel le président n’est responsable que devant le peuple. Eh bien pour aller au bout de cette logique, il doit permettre à ceux qui veulent le chasser de voter contre lui ; et aux autres de le soutenir. D’ailleurs, les sondages montrent que, tout affaibli et impopulaire qu’il soit, il y a toujours une majorité (relative) qui souhaite que Nicolas Sarkozy soit candidat – peut-être pour avoir le plaisir de voter contre lui…

Nicolas Sarkozy ne pourrait-il pas être trop déconsidéré, par exemple à cause des « affaires » ?

Les « affaires » peuvent être un handicap mais sûrement pas un motif d’autocensure – rappelez vous de Jacques Chirac : il a fait campagne en 2002 dans un grand bruit de casseroles et il a été réélu. Non, la seule chose qui peut empêcher le président de solliciter un 2ème mandat, c’est la maladie – ou la mort. Un scandale, s’il était très grave, ne lui interdirait pas d’être candidat mais ça pourrait – théoriquement – lui interdire de rester… président ! La Constitution prévoit la possibilité d’une destitution en cas de « manquement incompatible avec l’exercice de son mandat ». On en est très loin pour Nicolas Sarkozy. Donc là aussi, ce sera aux électeurs de juger.

Est-ce qu'on a raison de dire, comme l'hebdomadaire Marianne, que Sarkozy est devenu un « boulet » pour son propre camp ?

C’est une position insolente et un peu perverse: c’est normal que les adversaires de Nicolas Sarkozy veuillent attiser les zizanies au sein de l’UMP. Ce qui est clair, c’est que dans l’électorat de droite, ni Alain Juppé ni François Fillon ne peuvent rivaliser avec lui. D’ailleurs, on ne voit pas bien comment ils seraient de meilleurs candidats que lui puisqu’ils sont associés à sa politique et qu’ils n’ont pas le quart de son charisme. Puisque Nicolas Sarkozy est condamné à être candidat, Juppé et Fillon sont condamnés à le soutenir. Et puis pour 2017, la question est déjà réglée : il y aura des primaires, comme au PS. Et tout le monde pourra choisir.

Ecoutez ci-dessous le "Parti pris" de ce mardi 4 octobre 2011 avec Hervé Gattegno et Jean-Jacques Bourdin :

Hervé Gattegno