RMC

Sarkozy tente de rassurer les élus UMP et minimise les sondages

Nicolas Sarkozy sur le perron de l'Elysée, mercredi. Le chef de l'Etat s'est efforcé de rassurer les sénateurs UMP, inquiets de son impopularité et de la poussée du Front national dans les sondages, et a réitéré son intention de mener à leur terme les der

Nicolas Sarkozy sur le perron de l'Elysée, mercredi. Le chef de l'Etat s'est efforcé de rassurer les sénateurs UMP, inquiets de son impopularité et de la poussée du Front national dans les sondages, et a réitéré son intention de mener à leur terme les der - -

Nicolas Sarkozy s'est efforcé mercredi de rassurer les sénateurs UMP, inquiets de son impopularité et de la poussée du Front national dans les sondages, et a réitéré son intention de mener à leur terme les dernières grandes réformes de son quinquennat.

Recevant les élus UMP de la Chambre haute autour d'un buffet, il a en outre défendu le bien-fondé du débat sur la laïcité et l'islam en France ouvert par le parti, malgré les critiques et les réserves qu'il suscite jusque dans la majorité, ont rapporté des participants.

"Nous avons un président tout à fait déterminé qui veut rester actif jusqu'au bout, qui nous a en quelque sorte remonté le moral", a déclaré à la presse le sénateur de Seine-et-Marne Michel Houel.

Un de ses collègues, qui s'exprimait sous le sceau de l'anonymat, a fait état d'une "inquiétude non dissimulée" chez les élus UMP après la publication d'un sondage mettant la présidente du Front national, Marine Le Pen, en tête des intentions de vote au premier tour de la présidentielle 2012.

Pour dissiper ces craintes, Nicolas Sarkozy a invoqué les situations passées de Valéry Giscard d'Estaing (en 1981), Edouard Balladur (1995) et Lionel Jospin (2002), pour souligner que les candidats en tête des sondages 14 mois avant une présidentielle étaient généralement battus.

"Je souhaite bien du plaisir à Marine Le Pen", a dit le président de la République, cité par ce sénateur, ajoutant qu'il était "curieux de voir où elle en sera dans 14 mois".

HÉRITAGE CHRÉTIEN

Toujours selon ce même sénateur, Nicolas Sarkozy a évoqué son projet de réforme de la fiscalité sur le patrimoine en réaffirmant sa préférence pour une suppression de l'impôt sur la fortune (ISF).

Présent lors de cette rencontre, le Premier ministre, François Fillon, "a un peu tiqué et le président a indiqué que toutes les options étaient ouvertes sur la question, qui n'a pas été tranchée".

S'agissant de la déchéance de nationalité qu'il souhaitait pour les immigrés auteurs de certains crimes, le chef de l'Etat a estimé qu'un "compromis raisonnable" avait été trouvé la veille au Parlement sur la question, a rapporté Philippe Marini, sénateur-maire de Compiègne (Oise).

A propos de la laïcité et l'islam, il a défendu le droit de l'UMP de débattre de questions dont "tout le monde parle dans les chaumières", a dit le sénateur qui a décliné à être identifié.

Il a ajouté que le président avait considéré avoir eu raison d'évoquer l'héritage chrétien de la France, comme il l'a fait une nouvelle fois la semaine passée au Puy-en-Velay (Haute-Loire), et que l'Union européenne aurait dû faire référence à celui-ci dans le traité de Lisbonne.

Les propos controversés du député UMP Chantal Brunel sur les moyens de lutter contre l'immigration du sud de la Méditerranée n'ont pas été évoqués, pas plus que les élections cantonales à venir, ont dit plusieurs participants.

Selon Philippe Marini, le chef de l'Etat a invité les parlementaires à défendre son bilan, ayant "le sentiment que notre majorité a fait au mieux pendant ces cinq années", et exprimé sa volonté de ne pas s'arrêter là, en évoquant plus particulièrement la réforme de la fiscalité.

"Il a dit 'comment voulez-vous que je me présente devant les électrices et les électeurs en ne faisant pas jusqu'au bout tout ce que je suis en mesure de faire ?'", a ajouté le sénateur de l'Oise.

Prié de dire si le chef de l'Etat avait évoqué explicitement une candidature en 2012, l'élu a répondu: "Il a un moment donné dit 'si je me présente' et tout le monde naturellement a souri ou s'est esclaffé. Il ne semble pas que sa volonté puisse faire l'objet de quelque doute que ce soit".

REUTERS