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Stains: le maire demande la dissolution de l'organisation d'ultradroite "Action française"

Le maire ex-PCF de Stains Azzédine Taïbi en 2014.

Le maire ex-PCF de Stains Azzédine Taïbi en 2014. - MARTIN BUREAU / AFP

Azzédine Talbi, le maire de Stains (Seine-Saint-Denis) a annoncé, ce mardi, qu'il allait demander la dissolution de l'organisation d'ultradroite l'Action française. Une quinzaine de ses membres ont fait irruption, samedi, dans les jardins de la mairie et auraient menacé des agents municipaux.

Le maire de Stains (Seine-Saint-Denis), Azzédine Talbi, dissident communique, va demander la dissolution de l'organisation d'ultradroite "l'Action Française", après des tensions, samedi, dans la commune.

"Samedi matin, une quinzaine d'individus cagoulés se sont introduits dans le jardin de la mairie, munis de mégaphones, de fumigènes et de pétards. Des propos à caractère raciste et violent tels que 'la France est à nous', 'vous salissez la France', 'vous n'êtes pas intégrés, à notre image', ont été prononcés à l'encontre des agents présents", a affirmé l'édile dans un communiqué publié lundi.

"Nous craignons pour notre sécurité"

Il a indiqué qu'il avait porté plainte. "Je ne vous cache pas que moi et mes élus craignons pour notre sécurité et celles de nos familles", a ajouté le maire, qui voit dans cet épisode "la conséquence d'une banalisation des idées prônées par l'extrême droite, la fachosphère".

Sur ses réseaux sociaux, l'organisation royaliste a revendiqué les faits. "Nous nous opposons à l'invasion d'une culture étrangère jusqu'aux plaques de nos rues", a-t-elle écrit. Les militants sont venus "corriger l'opprobre" en recouvrant ces plaques avec des noms de "femmes françaises exemplaires", a-t-elle expliqué, vidéos à l'appui.

Un projet qui a suscité la polémique

Ce déplacement des militants de l'Action française -des nostalgiques de l'Ancien Régime achevé en 1789- s'est déroulé dans le sillage d'une polémique touchant un projet participatif mené par la ville. Des rues ont été provisoirement rebaptisées de noms de femmes célèbres, dont celui de Khadija Bint Khuwaylid, première épouse du prophète Mahomet dans l'islam, mais aussi Greta Thunberg, Joséphine Baker ou encore Jeanne d'Arc.

Le maire s'était défendu dans un communiqué, évoquant "un projet artistique et participatif dont l'objectif premier est de réfléchir à la place des femmes dans l'espace public".

AB avec AFP