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Tension autour des prières de rue à Clichy-la-Garenne: "Il faut que le vivre-ensemble soit respecté"

Valérie Pécresse à Clichy-la-Garenne, le 10 novembre 2017.

Valérie Pécresse à Clichy-la-Garenne, le 10 novembre 2017. - AFP

Le maire de Clichy-la-Garenne demande l'intervention du ministère de l'Intérieur pour interdire les prières de rue dans sa commune.

Un grand moment de tension. En plein centre-ville de Clichy-la-Garenne, dans les Hauts-de-Seine, une cinquantaine d'élus en écharpe a tout fait vendredi pour perturber une prière de rue de fidèles musulmans. Ils ont répondu à l'appel du maire LR, Rémi Muzeau, qui demande l'intervention du ministère de l'Intérieur pour interdire les prières de rue.

Les fidèles prient devant la mairie tous les vendredis depuis huit mois pour protester contre la fermeture, en mars, de leur lieu de culte en centre-ville. Des prières autorisées chaque vendredi par la préfecture (et non pas illégales comme l'ont clamé les élus samedi).

Le maire LR, Rémi Muzeau répond de son côté qu'il a mis à leur disposition un nouveau lieu de prière. Les associations jugent de leur côté que cette mosquée est trop loin, à 1,5km du centre, et qu'elle est mal mal desservie et trop petite.

Valérie Pécresse, la présidente de la région Ile de France est venue pour soutenir le maire de Clichy.

"Cela n'est pas possible aujourd'hui de troubler l'ordre public d'une ville. Ça n'est pas possible et ça n'est pas acceptable. Donc il faut absolument que ce qui est le vivre-ensemble, commun, soit respecté. Si vous ou moi demain on se mettait à faire une manifestation de rue, et bien on serait sanctionné immédiatement et on ne nous autoriserait pas à le faire. Il faut qu'on trouve une solution, que cette solution soit imposée par l'Etat et que Clichy-la-Garenne retrouve l'ordre public auquel elle a le droit".

Zoubida est musulmane, elle habite à Clichy depuis 30 ans. Pour elle, le nouveau lieu de culte est beaucoup trop loin pour les habitants de Clichy.

"Le problème c'est qu'on ne peut pas prendre de bus pour prendre la prière. Ça ne marche pas. Il n'y a pas de respect. Regardez, on est comme des chiens. L'humiliation. Ce n'est pas normal. On veut la paix entre tous les Clichois. On ne demande pas grand-chose. On demande simplement un local pour faire notre prière, c'est tout".

Marie Régnier (avec A.M.)