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Vers une « alliance stratégique » de l'UMP avec le FN ?

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault dénonce une alliance UMP-FN.

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault dénonce une alliance UMP-FN. - -

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a réagi ce mardi à la stratégie du « ni-ni » de l'UMP envers le FN : il a mis en garde contre une « alliance » entre les deux partis.

Entre l'appel aux électeurs FN de Nadine Morano, et la consigne officielle qui demande de ne voter ni pour le PS ni pour le Front national au second tour, les socialistes craignent un changement de cap à l'UMP. Pour Jean-Marc Ayrault, cette stratégie du « ni-ni » est une façon de préparer les électeurs à une alliance stratégique avec le parti de Marine Le Pen. Il a estimé hier que l'UMP avait franchi « un cap » et prenait un risque en renvoyant dos à dos la gauche et le FN : « Je pense qu’ils sont en train de préparer une rupture avec ce qui s’est toujours passé à droite depuis des décennies, une ligne de frontière entre la droite républicaine et le Front national, c’est en train de céder. Ça fait cinq ans que tous les thèmes de l’extrême droite ont été utilisés au plus haut niveau de l’Etat, donc les esprits ont été préparés. C’est grave ! Moi je mets en garde : nous avons besoin de nous retrouver autour des valeurs de la République, et de dire non à une droite conservatrice qui n’a pas d’états d’âme à s’associer à une extrême droite relookée ».

Le front républicain « enterré » ?

Philippe Marini, le président UMP de la commission des Finances du Sénat, estime lui que le Front national n’est pas le réel danger de ce scrutin : « L’enjeu de cette élection législative, c’est le nombre de députés socialistes. Je considère qu’il serait très dommageable à la République que le PS ait la majorité absolue à lui tout seul. S’il y a quelques députés en nombre très limité du FN, la République ne va pas être transformée. A l’inverse, si le PS a vraiment tous les pouvoirs, y compris le pouvoir constituant, nous serions en grave danger. »
De son côté, la présidente du FN, Marine Le Pen, estime ce mercredi dans le Télégramme que le mur anti-FN « a implosé » et que le front républicain « est enterré ».

La Rédaction