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Violences faites aux femmes: Fabien Roussel "doute" de la "méthode Rousseau"

Sur RMC-BFMTV ce mardi, le secrétaire national du PCF Fabien Roussel a rappelé que toute violence contre les femmes est "inadmissible", en écho aux affaires Quatennens et Bayou. Il appelle à la création d'une justice spécialisée pour que les victimes puissent savoir vers qui se tourner en cas de problème, et ne pas forcément tout exposer en public comme le fait Sandrine Rousseau.

Après l'affaire Adrien Quatennens, la députée écologiste Sandrine Rousseau a visé le patron de son parti Julien Bayou lundi soir sur France 5. La députée de Paris a expliqué qu'elle a reçu chez elle très longuement une ex-compagne de Julien Bayou. "Je pense que des comportements sont de nature à briser la santé morale des femmes", a-t-elle lancé.

Elle a poursuivi estimant que "manifestement" les victimes sont "plusieurs". "Moi je n'ai entendu qu'un seul témoignage. Une enquête journalistique semble être en cours", a-t-elle dit, ajoutant que cette femme "a d'ailleurs fait une tentative de suicide quelques semaines après".

Roussel: "Notre parole doit d'abord être en direction des victimes et dire que nous sommes avec elles"

Fabien Roussel a eu plusieurs points de désaccord avec Sandrine Rousseau ces dernières semaines, mais assure sur ce sujet des violences faites aux femmes de tout son soutien aux victimes, ce mardi matin sur RMC-BFMTV.

"Ces faits s'ajoutent à d'autres et montrent que toutes les violences contre les femmes, sexuelles, sexistes, sont intolérables, inadmissibles. Elles n'ont pas de place dans la société, nous devons les combattre. Elles n'ont pas de place dans nos formations politiques, encore moins, nous qui devons être irréprochables. Notre parole doit d'abord être en direction des victimes et dire que nous sommes avec elles."

Appel à une "justice spécialisée et adaptée"

Fabien Roussel ouvre le débat en estimant qu'il faudrait peut-être une "justice spécialisée" pour traiter ce genre de cas de façon plus efficace pour les victimes.

"Les partis, les syndicats, les entreprises, nous avons besoin de règles communes pour savoir comment recueillir la parole des victimes et comment agir ensuite. Nous sommes amenés à faire la justice sans être la justice, à prendre des décisions d'exclusions, de licenciements, et nous ne sommes pas la justice. J'appelle à ce qu'on puisse réfléchir à un cadre, avec peut-être une justice spécialisée et adaptée, pour tenir compte de la libération de la parole -qui nous a fait tant de bien avec MeToo- et agir sans se substituer à la justice", lance-t-il en estimant que l'on doit être "tous humbles" face à ce sujet et qu'il faut "progresser".

Le secrétaire national du PCF estime en revanche qu'il a un "doute" sur la "méthode" employée par Sandrine Rousseau. "Est-ce que tout cela doit être rendu public comme elle l'a fait ? (...) Qu'elle étale ça comme ça. (...) J'ai un doute là-dessus. Je souhaite que les femmes soient protégées et écoutées et qu'elles sachent que si jamais il y a un mot ou geste déplacé, elles puissent savoir à qui s'adresser et se déroule un procédé qui fait qu'elle puissent être écoutées et protégées."

J.A.