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Pour grimper au sommet du Mont-Blanc, il faut désormais un permis

L'accès au Mont-Blanc va être réglementé pour empêcher que l'ascension ne se fasse n'importe comment et avec n'importe qui.

Dès l'été prochain, escalader le Mont-Blanc sera réglementé pour les alpinistes non accompagnés d'un guide. Ce toit de l'Europe sur-fréquenté et parfois peu respecté a déjà fait l'objet de restrictions similaires provisoires au plus fort de la saison estivale cette année.

Les contours de cet encadrement restent à définir mais le principe de cette réglementation a été acté par les partenaires concernés: peloton de gendarmerie de haute montagne de Chamonix, Fédération française des clubs alpins et de montagne, préfecture de Haute-Savoie et compagnies de guides, lors de réunions fin août.

Il pourrait y avoir également la possible création d'une "brigade blanche" pour effectuer des contrôles et dresser des PV aux alpinistes qui ne seraient pas en règle.

"On croise régulièrement des cordées avec 7 ou 8 personnes sur la même corde"

L'ascension par la voie normale du Mont-Blanc, Olivier Bégain la connaît bien. Mais cette année, le responsable du bureau des guides de Saint-Gervais n'en a pas cru ses yeux.

"On croise régulièrement des cordées avec 7 ou 8 personnes sur la même corde. Des gens qui n’ont pas d’expérience de cramponnage, qui ne savent pas s’orienter. Tout ça, on le rencontre au quotidien".

"On va vérifier qu’il n’y a pas de soucis pour faire cette ascension"

Alors pour limiter les risques, l'année prochaine, une place réservée dans un refuge et l'autorisation papier de gravir le Mont-Blanc depuis Saint-Gervais seront obligatoires. Jean-Marc Peillex est le maire de la commune.

"Tous ces gens qui viennent en avion pour faire le Mont-Blanc, ils savent que s’il n’y a plus de place dans l’avion, ils ne forcent pas la porte. On va leur demander la même chose pour les refuges et on va vérifier qu’il n’y a pas de soucis pour faire cette ascension".

"Un public non avertit qui arrive sur un terrain techniquement plus compliqué"

Éric Fournier, lui, est sceptique. Le maire de Chamonix craint un report des alpinistes déçus sur les voies plus accidentées de la montagne.

"L’accès côté chamoniard pourrait se voir confronté à une augmentation de fréquentation et donc à un public non avertit qui arrive sur un terrain techniquement plus compliqué. Du coup, on pourrait avoir une plus forte accidentologie de ce côté-ci".
Gwenaël Windrestin (avec C.P.)