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Pour payer les soins du mari atteint d'un cancer, un couple n'a d'autre choix que de faire la manche

Pour payer les soins du mari atteint d'un cancer, un couple n'a d'autre choix que de faire la manche (illustration)

Pour payer les soins du mari atteint d'un cancer, un couple n'a d'autre choix que de faire la manche (illustration) - AFP

Depuis le 21 juin, Angélique et Salvatore font la manche place Mazelle à Metz, non loin de la CPAM, afin de sensibiliser l'opinion publique au refus de la caisse de prendre en charge les soins du mari atteint d'un cancer du pancréas. Celui-ci suit en Allemagne un traitement pas encore pratiqué en France. Le couple a besoin de 19.000 euros.

Pour que Salvatore, atteint d’un cancer avancé du pancréas, continue à bénéficier d’un traitement très cher en Allemagne, un couple est prêt à tout. La preuve: depuis le 21 juin, Salvatore et sa femme Angélique font la manche place Mazelle à Metz, devant la Caisse primaire d'Assurance maladie (CPAM), pour financer les soins du mari, Salvatore, atteint d'un cancer du pancréas. Après une chimiothérapie en France qu'il ne supportait pas, il s'est orienté vers une clinique en Allemagne pour un nouveau traitement : la chimio-embolisation qui cible directement la tumeur.

Des soins qui coûtent 3.800 euros par mois et qui ne sont pas remboursés en France. Mendier reste donc la seule solution pour financer ce traitement onéreux, car il leur manque encore 19.000 euros. Alors, chaque jour, la famille passe aider ce couple qui brandit des panneaux en silence devant les automobilistes, qui s'arrêtent au compte-goutte pour donner quelques pièces. "Sa situation n'est pas normale, s'emporte l'une d'elle. Il est mort en fait ! C'est une cause qui me touche d'autant plus que je suis infirmière. Pour moi, c'est normal d'aider".

"C'est lamentable"

"Ça fait mal au cœur de voir ça, estime un autre. Pourquoi la sécurité sociale ne prend pas les choses en charge? Ils se retrouvent au feu rouge, cela veut dire quoi ça". Ce mercredi, Salvatore est arrivé très tôt. Il est fatigué mais pour rien au monde il ne reviendrait à une chimiothérapie classique. "Là, je peux me lever. Je peux quand même marcher. Bon, j'ai des petits problèmes parce que je suis très fatigué mais ça va même si j'ai des problèmes de dos et de ventre", renseigne-t-il.

Et d'ajouter: "En France, j'étais couché du matin au soir. Je ne mangeais que de la soupe, que du liquide. Mais, là, en Allemagne, je peux manger de la viande, je peux manger de tout". A ses côtés Angélique, à l'origine de la mobilisation, ne comprend pas: "C'est lamentable ! Ils devraient peut-être se plonger un peu plus sur cette méthode. C'est de l'injustice envers les malades".

"Les soins ne sont pas adaptés au patient"

Alors que le cas de Salvatore a été examiné deux fois par des commissions d'experts de l'assurance maladie, elles estiment que les soins demandés ne sont pas appropriés à l'état du patient. "On travaille avec l'Allemagne sur un certain nombre de sujets puisque pas mal de patients sont suivis là-bas. Mais pour ce cas spécifique, on n'a pas de solution. Les deux réunions ont considéré que les soins n'étaient pas adaptés au patient", explique François-Xavier Brouck, directeur des assurés à la Caisse Nationale d’Assurance Maladie.

"Ce traitement n'est pas validé donc à partir de ce moment-là la Caisse a pris contact avec la famille pour lui expliquer la situation, poursuit-il. Ils ont contesté cette décision mais un oncologue l'a confirmée, disant que le traitement ne correspondait pas à l'état du patient. Sur le plan réglementaire, on n'a pas la possibilité d'outrepasser une décision médicale appuyée par des experts scientifiques".

Maxime Ricard avec Mayeule de Charon