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Pourquoi l'infarctus est plus meurtrier chez les femmes

Seules 18% des femmes restent en vie après un infarctus, contre 56% des hommes, selon une étude présentée mardi au Congrès de la Société européenne de cardiologie. Le cardiologue Alain Ducardonnet, consultant santé de RMC et BFM TV, nous explique les raison de cette inégalité

Même au niveau cardiaque, les femmes sont victimes d'inégalités par rapport aux hommes. Selon une étude française présentée le 31 août au Congrès de la Société européenne de cardiologie, les femmes ont plus de risques que les hommes de décéder à la suite d'un arrêt cardiaque. Seules 18% des femmes restent en vie après un infarctus, contre 56% des hommes ! Depuis vingt ans, le nombre d'infarctus ne cesse d'ailleurs d'augmenter au sein de la gente féminine. A tel point que les maladies cardiovasculaires sont devenues la première cause de mortalité chez les femmes.

"Les femmes ne sont pas prises en charge de la même façon"

Mais pourquoi les infarctus sont-ils plus meurtriers chez les femmes ? C'est Alain Ducardonnet, consultant santé de RMC et BFM TV, qui a répondu à la cette question ce mercredi chez Jean-Jacques Bourdin. "D'abord, les femmes font des infarctus plus tard, car elles sont protégées par leurs hormones. Mais une fois passée la ménopause, elles vont retrouver le profil de risque normal, mais 5 à 8 ans plus tard qu'un homme, alors que leur cœur est plus fatiguée. Le deuxième élément, c'est que les symptômes ne sont pas les mêmes chez les femmes, ce qui favorise les erreurs de diagnostic. Et avoir un retard au diagnostic en matière cardiaque, c'est dangereux".

Un des autres problèmes, selon Alain Ducardonnet, c'est que "les femmes ne sont pas prises en charge de la même façon", notamment en raison de cette différence dans les symptômes.

"Le nombre de femmes qui fument ne diminuent pas"

Pour les chercheurs, les femmes pâtiraient d'un accès plus faible à l'angioplastie, une technique permettant de déboucher les artères pour réalimenter le cœur en sang. Une fois hospitalisées, 26% des participantes avaient bénéficié de cette procédure, contre 36% des patients masculins. De plus, "anatomiquement, les femmes ont des coronaires plus fines, donc le dépôt dans les artères va être plus important", explique Alain Ducardonnet.

A ces inégalités physiologiques s'ajoutent des comportements à risque et des modes de vie qui ne sont plus depuis belle lurette réservés aux hommes. "Les femmes travaillent très activement, elles fument et on sait que c'est mauvais avec la prise de pilule. Surtout, le nombre de femmes qui fument ne diminuent pas, alors que le tabagisme diminue chez les hommes".

Philippe Gril avec Jean-Jacques Bourdin