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Procès Méline: "Une maman qui sombre avec sa petite fille dans ses bras"

Ouverture du procès d'une mère qui a tué sa fille handicapée. (Photo d'illustration)

Ouverture du procès d'une mère qui a tué sa fille handicapée. (Photo d'illustration) - AFP

TEMOIGNAGE RMC - Le procès de Laurence Nait Kaoudjt commence ce lundi à la cour d'assises de Rennes. Cette femme de 49 ans risque la réclusion criminelle à perpétuité pour avoir tué sa fille Méline, 8 ans, handicapée motrice cérébrale, avant de tenter de mettre fin à ses jours. RMC a rencontré un témoin qui a bien connu la petite fille.

Il y a cinq ans, à Saint-Malo, dans l’Ille-et-Vilaine, elle tuait sa fille Méline, 8 ans, handicapée motrice cérébrale, avant de tenter de mettre fin à ses jours. Le procès de Laurence Nait Kaoudjt commence ce lundi à la cour d'assises de Rennes. Cette femme de 49 ans risque la réclusion criminelle à perpétuité pour homicide volontaire sur une mineure de moins de 15 ans, vulnérable physiquement. Cinq ans après le drame, elle comparaît libre.

Agée de 8 ans, Méline, en fauteuil roulant, ne pouvait ni marcher, ni parler. Elle avait besoin d'aide pour tous les gestes du quotidien, 24h/24h. Ce soir d’été 2010, en plein mois d’août, Laurence Nait Kaoudjt fait avaler à sa fille deux comprimés de neuroleptiques puis elle l’étrangle avec une écharpe.

"Elle a sombré avec son enfant"

La mère de Méline se gave ensuite de médicaments. Mais la tentative de suicide échoue, elle est sauvée in extremis. Laurent Thomas, directeur du centre de loisirs "Loisirs Pluriels" à Saint-Malo, a accepté de témoigner au micro de RMC. A l'époque des faits, il gardait Méline toutes les semaines et se souvient très bien de la petite fille.

"Méline, c’était un peu notre petit rayon de soleil", explique-t-il. "Quand on s’approchait d’elle, quand on lui parlait gentiment, quand on lui disait qu’on l’aimait, eh bien c’était un enfant qui réagissait, qui souriait, qui exprimait son bonheur, son bonheur de vivre, son bonheur d’être avec les autres. Laurence, ce n’est pas quelqu’un qui demande à être excusé de son acte. Moi, ce que j’en perçois, c’est que c’est une maman qui sombre avec sa petite fille dans ses bras. Je ne pense pas qu’elle a souhaité se séparer de son enfant. Elle a sombré avec son enfant". 

Acte d'amour ou meurtre?

Mère célibataire depuis le départ du père de Méline, à sa naissance, Laurence Nait Kaoudjt avait tout sacrifié pour s’occuper de sa fille à temps plein: ses amis, son travail à la banque, sa vie à Paris, qu’elle venait juste de quitter pour s’installer à St Malo.

Pourquoi a-t-elle mis fin aux jours de son unique enfant? Par amour, aurait-elle dit. Elle venait tout juste d’obtenir une place en établissement spécialisé pour sa fille et ne supportait pas l’idée d’être séparée d’elle. Une question à laquelle le tribunal devra répondre après deux jours de procès.

C. P. avec Amandine Dubiez