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Projet d'attentat déjoué: "Orléans, c'est la troisième place militaire de France"

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, mardi à Orléans.

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, mardi à Orléans. - AFP

TEMOIGNAGES - Un projet d'attaque jihadiste contre les forces de l'ordre a été déjoué la semaine dernière, a annoncé Bernard Cazeneuve mardi. RMC s'est rendue à Orléans, dont les habitants ont accueilli la nouvelle avec stupeur.

Alors que le projet de réforme constitutionnelle - qui devrait notamment permettre de prolonger l'état d'urgence - doit être présenté ce mercredi en conseil des ministres, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a annoncé mardi après-midi qu'une attaque avait été déjouée la semaine dernière à Orléans.

Deux hommes ont été interpellés les 15 et 16 décembre dernier dans la région Centre et écroués. Ils étaient "en contact avec un Français jihadiste présent en Syrie, dont l'enquête devra établir s'il était le commanditaire des attaques", a précisé Bernard Cazeneuve. Ils prévoyaient des attaques au fusil d'assaut contre des militaires, des gendarmes, des policiers et des représentants de l'État. 

"Ca peut sauter n'importe où"

Les terroristes présumés avaient réuni près de 4.000 euros, envoyés par mandat depuis la Syrie, et cherchaient à se procurer des armes, des fusils d'assaut de type Kalachnikov, pour passer à l'acte.

A Orléans, la population a accueilli cette nouvelle avec stupeur. Absorbée par les informations à la télévision, Danielle, qui vit à deux pas du commissariat, découvre la nouvelle.

"Ca peut sauter n'importe quand, n'importe où", réagit-elle. Mais elle refuse de céder à la panique. "Dans Orléans, les gens n'ont pas peur. On ne s'arrête pas de vivre, bien sûr. Je n'ai pas peur!"

"On a une place forte très importante"

Pas peur, peut-être, mais certains sont tout de même surpris que des terroristes puissent viser la ville d’Orléans, comme Gérard, qui tient un bar à cinquante mètres du commissariat central.

"Je n'aurais jamais pensé que cela pouvait arriver chez nous", s'alarme-t-il. "On pense que ça peut toujours arriver à Paris, ou dans une grande ville, mais jamais près de chez soi".

Et c’était bien le commissariat central tout proche qui était visé, ainsi qu'une caserne militaire et une gendarmerie. Des cibles qui n’ont pas été choisies au hasard, pour Florent Montillot, l'adjoint au maire chargé de la sécurité.

"Orléans, c'est la troisième place militaire de France, après Paris et Metz", précise-t-il. "Donc on a évidemment, une place forte très importante, avec plus de 6.000 hommes sur Orléans. On a des individus qui manifestement voulaient s'en prendre surtout à des symboles de l'Etat".

C'est le dixième projet d'attentat empêché par les forces de sécurité en France depuis deux ans

C. P. avec Romain Poisot