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Propriétaire-bailleur sur Airbnb: "Je n'envisage pas la location traditionnelle"

Le site de location de chambres ou de logements entiers de particuliers est devenu un revenu principal pour certains propriétaires. Et beaucoup sont dans l'illégalité car au-delà de quatre mois de location par an, il faut demander une autorisation à la mairie. RMC a rencontré un propriétaire qui loue à l'année son bien sur Airbnb et qui ne se considère pas pour autant comme dans l'illégalité.

Paris est la destination phare du site Airbnb. Avec près de 40 000 annonces de chambres ou d'appartements à louer pour une nuit ou plus, la capitale française est le plus gros marché du monde pour l'entreprise américaine. Des bons résultats qui ne font pas que des heureux. En effet, Airbnb est vertement critiqué pour concurrencer les hôtels et favoriser les locations courtes non déclarées. Il faut dire que ce site de location est devenu un revenu principal pour certains propriétaires.

C'est le cas pour Jean, propriétaire d'un appartement de 30 m² dans le quartier du Marais à Paris. Un appartement disponible toute l'année sur Airbnb au prix "de 140 euros par nuit et 10 euros par personne supplémentaire". Un montant choisi en fonction du tarif des hôtels du quartier. Ce n'est donc plus de la location occasionnelle: "Au mois de mars, pour le moment j'ai neuf personnes qui viennent et j'ai déjà vendu 22 nuits", assure Jean sur RMC. Et d'ajouter: "Grâce à Airbnb, je loue, en moyenne, plus de 300 nuits par an".

"Je déclare tous mes revenus"

De quoi payer son emprunt de 1 670 euros par mois et un peu plus. "Je ne me suis pas posé une seule fois la question de faire une location traditionnelle", explique-t-il dans Bourdin Direct. La raison ? "Cet appartement se louerait aux alentours de 1 000- 1 100 euros alors que via Airbnb il me rapporte entre 3 700 et 4 000 euros en fonction des mois". Pour le moment, cet appartement est la source de revenus principale de Jean qui vient de créer son entreprise de marketing. 

Pour autant, Jean ne se considère pas comme un fraudeur: "Je ne suis pas du tout dans l'illégalité puisque je déclare absolument tous mes revenus. Je le fais de la manière la plus légale possible". Et pourtant, c'est illégal car au-delà de quatre mois de location par an, un propriétaire doit demander une autorisation à la mairie de Paris. Jean est loin d'être le seul dans ce cas, certains ont même plusieurs appartements en location. C'est pourquoi la municipalité veut mettre fin à ces dérives.

Vers une coopération ville de Paris-Airbnb

"Ce sont autant d'appartements qui ne sont pas à disposition pour les Parisiens. Ce qui peut engendrer une aggravation de la crise du logement", déplore sur RMC Bruno Juillard, premier adjoint. Ce jeudi, il en a donc discuté avec Brian Chesky, le patron d'Airbnb: "Nous avons besoin d'un partenariat et d'un échange de données, d'informations pour pouvoir détecter ceux qui fraudent. Sur le principe Airbnb est d'accord, il faut que l'on trouve les modalités d'entente". Une éventualité loin de plaire à Jean. En effet, si l'entreprise commence à transmettre les données de location des appartements, il envisage de vendre son bien.

Maxime Ricard avec Barthélémy Bolo