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"Qu'on nous aide, qu'on nous facilite les choses": le cri du coeur de Maryse, qui a tout lâché pour sa fille handicapée

Ils sont 11 millions en France: les "aidants" consacrent une partie de leurs vies à un enfant handicapé, un mari malade... bénévolement. Une proposition de loi propose de créer un vrai statut doté d'un congé d'un an et rémunéré.

Elle ne quitte jamais sa fille. Maryse Robinson est ce qu'on appelle un "aidant": elle s’occupe seule de sa fille de 30 ans, Joyce, à L'Hermitage-Lorge, une petite commune des Côtes d’Armor. Elle est à la fois une maman, une aide-soignante et une psychologue. 

Son couple, son emploi et son argent, elle a tout perdu pour se consacrer à Joyce, handicapée depuis sa naissance:

"La gestion du handicap au quotidien a fait exploser le couple. L'organisation au travail se trouve impactée et les collègues veulent bien une fois, deux fois, suppléer à cela, ils veulent bien prendre notre charge de travail, mais au bout d'un certain temps on sent qu'il y a une espèce de mise au placard. On se retrouve tributaire totalement des minimas sociaux, puisqu'il n'y a plus de ressources, si c'est une démission, il n'y a pas d'allocation, on se retrouve sans protection sociale".

"Qu'on nous facilite un peu les choses"

Une proposition de loi faite par le député communiste Pierre Dharréville, examinée jeudi à l'Assemblée nationale, vise à la reconnaissance sociale des aidants familiaux, notamment dans le monde du travail. Elle propose de créer un vrai statut d'aidant, pour les 11 millions de personnes concernées selon un baromètre réalisé en 2017 en France, avec, nouveauté, un congé d'un an par personne aidé, rémunéré au hauteur de 43 euros par jour.

Pour Maryse, créer un statut d’aidant avec un congés rémunéré d’un an est aujourd’hui une question de justice:

"Bien sûr qu'on en a besoin de ce type de dispositif. On veut continuer avec passion, avec motivation, mais qu'on nous facilite un peu les choses". 

Maryse aimerait aussi que l’Etat ouvre plus de structures spécialisées. Pour l’instant, elle est obligée d’aller régulièrement en Pologne pour que sa fille soit mieux prise en charge. 

Anaïs Denet et X.A