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Quand le Parti socialiste emploie des travailleurs détachés

Pour préparer son université d'été à La Rochelle, le PS a fait employer des travailleurs détachés roumains. (Photo d'illustration).

Pour préparer son université d'été à La Rochelle, le PS a fait employer des travailleurs détachés roumains. (Photo d'illustration). - Xavier Leoty - AFP

L’organisation de l’université d’été du PS qui s’ouvre ce vendredi a été en partie confiée à des travailleurs détachés venus de Roumanie. C’est la radio France Bleu La Rochelle qui a révélé l’information jeudi. La direction du parti, qui a rompu le contrat avec la société qui les faisait travailler, assure qu’elle n’était pas au courant.

A trop vouloir faire des économies sur l'organisation de son université d'été, qui s'ouvre ce vendredi à La Rochelle, le parti socialiste a fini par faire travailler pour lui des travailleurs roumains. Le parti a lancé des appels d’offres pour installer le campus de la Rochelle, monter les chapiteaux, acheminer les chaises et les pupitres. C’est la candidature d’une société dijonnaise spécialisée dans l’événementiel qui est retenue. Son nom : E.M.A. Mais cette entreprise va proposer au PS de passer par un autre groupe, GL Events, basé à Lyon. Leur devis est encore moins cher : quelques dizaines de milliers d’euros.

Le problème, c'est que GL Events va sous-traiter une partie de l’organisation à un quatrième intermédiaire. La société TREPTE. Une société basée en Roumanie, qui dispose d’un bureau en région parisienne. C’est elle qui fait travailler une douzaine de salariés roumains, Sans prévenir personne. David Assouline, l’un des portes paroles du PS, l’affirme : "GL Events n’a pas mentionné qu’elle allait passer par un sous-traitant qui embaucherait des travailleurs détachés".

Dans quelles conditions ces travailleurs détachés ont-ils été embauchés? Le procédé est-il légal?

Les 12 salariés venaient tous de Roumanie. Le transport et l’hébergement sur place à La Rochelle était pris en charge. Ils étaient payés au SMIC horaire françai, mais les charges sociales étaient payées en Roumanie. Sur le papier, rien d’illégal. La loi française et européenne autorise le travail détaché. Mais le parti socialiste a tout de même demandé à rompre le contrat de ces salariés roumains et à les remplacer par une douzaine de salariés français. Pas pour des raisons légales, mais politiques.

Car les socialistes fustigent régulièrement le principe du travail détaché. Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire, s’était d’ailleurs fendu d’une tribune en 2013 où il appelait l’Europe à mieux encadrer le travail détaché, sans céder à la tentation du dumping social.

P. G. avec Matthieu Rouault