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Quatre millions de Français victimes d'inceste

Isabelle Aubry, président de l'AIVI

Isabelle Aubry, président de l'AIVI - RMC

Invitée de Jean-Jacques Bourdin ce mercredi sur RMC, Isabelle Aubry, présidente de l'Association internationale des victimes de l'inceste (AIVI), dévoile en exclusivité les résultats d'une enquête Harris Interactive, réalisée fin octobre, montrant que quatre millions de Français ont été victimes d'inceste, soit 6% de la population.

"En 2009, il y avait deux millions de victimes d'inceste selon notre sondage Ipsos. En 2015, selon notre enquête Harris Interactive menée sur internet, quatre millions de Français disent avoir été victimes d'incestes". Ces chiffres vertigineux sont donnés ce mercredi matin en exclusivité sur RMC par Isabelle Aubry, présidente fondatrice de l'Association internationale des victimes de l'inceste (AIVI). Elle en tire donc une conclusion: "Cela veut dire que la parole se libère sur Internet". 

"Aucune enquête en profondeur"

Quatre millions de Français, cela représente 6% de la population totale. Une proportion qui monte à 9% chez les femmes. "C'est beaucoup plus difficile pour les hommes d'en parler, explique Isabelle Aubry dans Bourdin Direct. Mais nous estimons qu'en réalité, il y a quasiment autant de victimes hommes que femmes". Et de regretter "qu'il n'y ait aucune enquête en profondeur sur l'inceste en France. Les seuls chiffres que nous ayons sont les nôtres: deux millions de victimes en 2009, quatre millions en 2015".

Isabelle Aubry avance un autre chiffre, tout aussi inquiétant: "75% des agressions sexuelles sur mineur interviennent dans le cadre familial alors qu'on a l'impression que le danger vient de l'extérieur. Mais non, il est au sein de la famille". Elle ajoute aussi que "27% des Français connaissent au moins une victime d'inceste".

"Une victime sur deux tente de se suicider"

"Le Conseil de l'Europe dit qu'un enfant sur cinq est victime de violences sexuelles avant 18 ans et on ne fait rien de ce chiffre pour l'instant, déplore-t-elle encore. Alors qu'il faudrait le traiter comme un problème de santé publique. Il faudrait faire des recherches, former les professeurs, tout comme les médecins et les psys".

Pourtant, comme l'explique Isabelle Aubry les conséquences de l'inceste sont terribles et persistantes: "Cela peut même tuer cinquante ans après les faits parce que cela créé des maladies comme le cancer, le diabète ou encore de maladies cardio-vasculaires", alarme-t-elle sur RMC. Et d'affirmer encore qu'"une victime d'inceste sur deux tente de se suicider au moins une fois dans sa vie. C'est gravissime". "Il y a donc vraiment des mesures à prendre, insiste la présidente de l'AIVI. On a fait un plan cancer, un plan diabète, un plan autiste… Il faut donc faire un plan inceste".