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Que commémore-t-on le 8-Mai? "Les jeunes ne savent rien mais sont avides de savoir"

Les militaires de l'Emsam (Ecole militaire supérieure d'administration et de management) défilent le 8 mai 2010 à Montpellier.

Les militaires de l'Emsam (Ecole militaire supérieure d'administration et de management) défilent le 8 mai 2010 à Montpellier. - AFP

TÉMOIGNAGES - Le 8-Mai, c'est ce dimanche. Pour les jeunes générations, cette date n'évoque quasiment rien, comme RMC a pu le constater à Toulouse. Une absence de repères historiques qui inquiète les élus locaux.

Ce dimanche, c'est le 8-Mai! Un jour férié qui célèbre la capitulation de l'Allemagne nazie, autrement dit, la fin de la Seconde Guerre mondiale et la victoire des Alliés sur l’Allemagne. Cela vous semble évident, mais cela ne l’est pas pour tout le monde. Pour les jeunes générations, cette date n'évoque quasiment rien, comme RMC a pu le constater à Toulouse.

Lorsque vous demandez aux jeunes qui ont entre 15 et 20 ans à quoi correspond la date du 8 mai 1945, il y a quelques surprises, au micro de RMC:

"Aucune idée" ; "C'est férié, je sais, mais…" ; "On l'a fait en histoire l'an dernier. Ils n'ont pas fait des manifestations, les jeunes?" ; "Le 8 mai 1945… Si, je crois que c'est le Débarquement!"

"Beaucoup de gens ne connaissent pas les grandes dates"

Peu de jeunes répondent correctement du tac-au-tac, excepté ce lycéen croisé devant le monument aux morts:

"L'armistice de la Seconde Guerre mondiale!", lance-t-il. Pour être plus précis, il s'agit de la capitulation des Allemands.

Cette absence de repères historiques inquiète les élus toulousains, Jean-Baptiste de Scorraille est conseiller délégué, chargé des anciens combattants et de la Mémoire:

"Beaucoup de gens ne connaissent pas les grandes dates de l'Histoire de France. J'essaie, avec les professeurs, d'expliquer aux enfants à quoi cela sert de déposer des gerbes au niveau des monuments aux morts", raconte-t-il à RMC.

Cette bataille est menée également par les associations d’anciens combattant qui se déplacent de villes en villages, de lycées en collège pour que la jeunesse n’oublie pas l’Histoire de son pays.

"Nous avons un devoir de transmission de mémoire"

Guy Darmanin, le président national de la FNACA, la fédération nationale des anciens combattants d'Algérie, Maroc et Tunisie, se déplace sur le terrain, notamment, dans les établissements scolaires, pour transmettre la Mémoire aux plus jeunes. Et le combat est difficile, car les jeunes sont déconnectés de la "Grande Histoire", explique-t-il à RMC.

"C'est inquiétant. Ils ne savent rien mais ils sont avides de savoir. Ils posent des questions", reconnaît-il. "Ils ne savent pas parce qu'au niveau de leur famille, on ne parle pas de ce conflit dans lequel la France a été engagée. On ne transmet pas au niveau familial. Nous avons donc un devoir de mémoire. Un devoir de transmission de mémoire aux jeunes générations".

Et c'est ce que que Guy Darmanin et son association s'attellent à réaliser au quotidien, en se rendant de ville en ville, de village en village, de lycée en collège, pour aller expliquer l'Histoire aux jeunes gens, et leur faire visiter les expositions dédiées à la Seconde Guerre mondiale.

C. P. avec Jean-Wilfrid Forquès