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Rabais déguisés sur le web:"Ne pas tenir compte des prix barrés, faire comme s'ils n'existaient pas"

Selon l'UFC-Que Choisir, les promesses de promotions des sites internet ne sont généralement pas tenues.

L’UFC-Que Choisir s’attaque aux rabais déguisés. L’association de consommateurs affirme que les promesses de baisse de prix engagées par les sites internet ne sont généralement pas tenues. L’étude a été réalisée auprès de 10 sites de commerce sur Internet, analysant près de 966 promotions.

Les remises seraient en moyenne de -2,4% pour les réfrigérateurs alors que les sites affichent des rabais à hauteur de -25%. La tromperie est la même pour les téléviseurs. Les rabais sont de -4,8% en moyenne alors que les enseignes affichent des rabais à hauteur de 18,6%. L’étude démontre que les promesses de baisses ne sont généralement pas tenues, alors que près d’un Français sur deux réalisera une partie de ses achats de Noël sur Internet.

Des – 50% à -60%, ça donne envie d'acheter. Mais moins 50% de quoi? "On pourrait penser que c'est -50% par rapport aux prix que le commerçant a déjà pratiqué avant la promotion", a expliqué Olivier Andrault, chargé de mission à l'UFC-Que Choisir, au micro de Jean-Jacques Bourdin. "Mais on a voulu constater l'ampleur du rabais réel. On est allé voir l'historique des prix des commerçants sur les 4 derniers mois. On a fait les moyennes des prix. Et nous avons été surpris. Par exemple, pour les télévisions, en moyenne, on nous annonce -20%. La baisse est plutôt -5%. Pire encore sur les machines à laver et les réfrigérateurs. Les promotions sont affichées à -25%. La réalité est moins glorieuse, cela tourne plutôt autour de -2% ou -1%."

"C'est un peu la jungle"

Dans un tiers des cas, ces fameux rabais sont basés sur le prix le plus cher pratiqué par les concurrents.

"Avant, il y a avait une réglementation française très protectrice", rappelle Olivier Andrault. "Le prix barré n'était pas n'importe quoi. Ce devait être à l'époque le prix le plus bas pratiqué trente jours avant la promotion. Mais il y a eu une plainte d'un site à la commission européenne et Bruxelles a tapé du poing sur la table. La France a donc dû changer sa réglementation".

Cette "combine" fonctionne aussi bien pour ceux qui ont uniquement des magasins sur Internet et ceux qui ont des magasins physiques.

"C'est un peu la jungle", confirme Olivier Andrault. "Il faut comparer, en utilisant des comparateurs, c'est le travail du consommateur. Il ne faut pas tenir compte des prix barrés, il faut faire comme s'ils n'existaient pas. Il faut également vérifiez que des garanties supplémentaires ne se soient pas glissés subrepticement et que le site soit bien sécurisé."

UFC-Que choisir aimerait désormais que l'Europe change la donne, mais estime que "compte tenu des lobbys, cela va prendre du temps."

Antoine Perrin