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Record de rupture conventionnelle: "Il vaut mieux s'entendre pour que les choses se passent simplement"

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La rupture conventionnelle, créée en août 2008, plaît aux patrons. Entre janvier et novembre, le ministère du travail a enregistré 320.000 ruptures à l'amiable de CDI.

320.000 ruptures conventionnelles de janvier à novembre 2015. Un record. Ce dispositif a été créé en août 2008. Il permet de simplifier les ruptures de contrats pour l'employeur et surtout permettre aux salariés de toucher l'assurance chômage.

La barrière symbolique de 2 millions de signatures depuis 2008 a été franchie en octobre dernier. C'est surtout dans les petites entreprises, les TPE, que le dispositif séduit.

Patrick dirige une dizaine de salariés dans son entreprise spécialisée en tôlerie. Le mois dernier, il a dû se séparer d'un de ses collaborateurs: " De lui-même, il a vu que le chiffre ne permet pas de continuer. On n'aime pas licencier, il vaut mieux s'entendre pour que les choses se passent plus simplement".

"Ca a sauvé pas mal d'entreprises"

Patrick l'avoue, le dispositif a allégé sa masse salarié et sauvé son entreprise. Tout comme de nombreuses autres TPE, explique Michel Fossaert, président de la fédération des TPE dans les Hauts-de-Seine: "Ca a sauvé pas mal d'entreprises parce que le poids de la masse salariale dans un compte d'exploitation de TPE c'est quand même important. Quand il y a des difficultés avoir une possibilité de réactivité comme celle-là ça permet aux chefs d'entreprise de mieux s'en sortir. Globalement, le chef d'entreprise n'aime pas aller aux prud'hommes, il va ajouter ça à un ensemble d'autres charges plus prioritaires. L'idée de la simplicité fait toujours recette et cette rapidité dans bien des cas, c'est une question de survie pour l'entreprise".

Pour les syndicats ce n'est pas aussi évident. Eric Aubin, à la CGT, dénonce le dispositif: "80% des ruptures conventionnelles sont à l'initiative de l'employeur. Et si le salarié refuse, il a les moyens de lui pourrir la vie au travail. C'est un moyen de pression et c'est l'assurance chômage qui paie".

Quasiment 5 milliards d'euros, c'est ce que coûte chaque année les ruptures conventionnelles à l'assurance chômage, l'équivalent de son déficit annuel.