RMC

Référendum en Nouvelle-Calédonie: "La France ne m’a rien apporté" dénonce un indépendantiste

"Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ?": c'est la question à laquelle vont répondre dans une semaine une partie des habitants du Caillou dans un référendum historique qui les divise.

La France à 17.000 km de Paris. Mais jusqu'à quand? "Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ?": c'est la question à laquelle vont répondre dans une semaine une partie des habitants du Caillou dans un référendum historique qui les divise. 

A Nouméa, l'échéance prévue le 4 novembre, est peu visible: seuls quelques panneaux d'affichage officiel témoignent de l'enjeu à venir, dans une campagne qui jusqu'alors se déroule dans un climat apaisé.

Ce référendum, prévu depuis 30 ans, et les accords de Matignon en 1988 qui ont mis au conflit civil qui a opposé pendant 4 ans les Caldoches et les kanaks. Tous les sondages ont jusqu’à présent donné le "non" largement victorieux ce dimanche. Si chez certains "Caldoches", les descendants d’européens, l'inquiétude est réelle, pour les indépendantistes Kanak, l'envie de tourner la page est particulièrement forte. 

"Il faut du changement"

Un parking avec des voitures désossés, de vieux immeubles décrépis. Et puis escalier sale et tagué nous conduit à l’appartement de Darewa, dans un quartier populaire de Nouméa: "Vous voyez, on a beau repeindre, mettre du plâtre, c’est complètement délabré".

Le jeune père de famille militant est révolté de se sentir, encore aujourd’hui, victime d’injustice: "Il y a les quartiers chic, ceux des Blancs comme on dit, ceux de la bourgeoisie. Et puis il y a les quartiers populaires, avec en majorité des kanak. Il y a beaucoup d'inégalités. C’est pour ça qu’il faut du changement, et c'est l’indépendance".

Pour la première fois de sa vie, Darewa ira donc voter dimanche avec un bulletin teinté de colère et de ressentiment: "Pour moi, la France ne m’a rien apporté. Elle nous a pillée pendant combien d’années la France? Avec ça, elle a bafoué beaucoup de notre culture". 

Un constat que partage Husa, qui enrage d'avoir vu disparaître au fur et à mesure la culture kanak, ses religions, ses dialectes: "On nous dit d'aller d'apprendre l'espagnol, l'anglais, le français pour accéder au monde. C'est bien. Mais nous, ici, qu’est-ce qu’on fait pour nous?"

A ses trois petits garçons, Diarewa a déjà parlé de la lutte pour l’indépendance. Et jure que c’est pour eux, pour leur avenir, qu’il ira voter dimanche.

Marie Régnier & XA