RMC

Réforme du collège: la positive attitude pour favoriser l'apprentissage

-

- - AFP

Alors que les collégiens font leur rentrée cette semaine, quatre académies vont expérimenter dès cette année la réforme des collèges, prévue à la rentrée 2016. Les maîtres mots : interdisciplinarité et positivisme. Reportage dans un collège de Haute-Garonne qui va expérimenter la réforme.

24 heures après les profs, les élèves reprennent le chemin de l'école ce mardi, jour de rentrée des classes. Ils sont 12 millions à revenir en cours cette année, dont 5.524.100 dans le second degré (collèges et lycées). Une année charnière pour le collège, puisque c'est la dernière avant un changement dans les programmes. Mais si la réforme des collèges doit entrer en vigueur en 2016/2017, plusieurs établissements vont tester dès cette année les nouveaux programmes, puisque quatre académies se sont portées candidates.

"L'idée c'est que l'élève se dise: 'Je suis capable, je sais faire'"

C’est le cas dans le rectorat de Toulouse, où 35 établissements sont concernés, dont celui de Noé, en Haute-Garonne, commune de 2.700 habitants. 620 élèves de la 6e à la 3e… 40 enseignants… Tout est prêt ici pour la mise en place de cette réforme qui, selon le principal Olivier Henry, va révolutionner l’enseignement au collège. "On pensera plus projet. On pensera plus compétence. L'idée c'est que l'élève se dise: 'Je suis capable, je sais faire'. On sera sur du positif donc sur de la motivation pour apprendre et progresser. On ne sera moins sur : 'oh là j'ai encore pris 5/20 je suis nul, je ne saurai jamais rien faire'. C'est important, car on ne peut apprendre et progresser que quand on prend du plaisir et qu'on est sur du positif".

Passerelles entre les disciplines

Voilà pour l'idée générale. Concrètement, les élèves travailleront sur des projets autour de huit thématiques, comme le développement durable, la santé ou l’information. Des projets notés par trois enseignants. Il s'agit de favoriser "des passerelles entre les disciplines", afin que l'apprentissage apparaisse plus concret pour l'élève. Brigitte Méresse, enseignante au collège de Noé nous donne un exemple: "Un des projets possible pour l'élève, c'est apprendre par exemple l'appareil circulatoire et ventilatoire du corps humain : en SVT (Sciences de la vie et de la terre) c'est l'étude du cœur, en EPS (éducation physique et sportive) ça va être comprendre la fréquence cardiaque à l'effort, et en mathématiques c'est retranscrire les données individuelles sur des pratiques".

Des cours de soutien même pour les bons élèves

L'autre nouveauté, c'est l'accent mis sur l'accompagnement des élèves, avec la mise en place de cours de soutiens à la fin de la journée de classe pour les élèves en difficultés, mais aussi… pour les bons élèves qui souhaitent se perfectionner. "On va regrouper les élèves en fonction de leurs besoins et pas uniquement sous forme de soutien. Il y aura la voix de l'excellence et le perfectionnement. C’est-à-dire que certains élèves en difficulté pourront apprendre différemment, avec un volet beaucoup plus axé sur le perfectionnement", explique le principal adjoint, Jérome Pachéco.

Ici, les parents d’élèves sont favorables à cette réforme, mais Patrice Montamat, élu de la Fédération de parents d'élèves FCPE s’interroge. La réforme ne va-t-elle pas "La réforme amène de l'indépendance et de l'autonomie aux chefs d'établissements. Ce qu'on craint c'est une perte d'égalité, qu'on n'ait pas le même traitement éducatif d'un collège à l'autre".

P. Gril avec JW. Forquès