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Rémi Fraisse: qui sont les casseurs des manifestations?

Manifestants sur la place Stalingrad, à Paris, dimanche 2 novembre.

Manifestants sur la place Stalingrad, à Paris, dimanche 2 novembre. - Joël Saget - AFP

Les manifestations en mémoire de Rémi Fraisse ont abouti à l'interpellation d'une centaine de personnes, ce week-end. "Des casseurs", selon le ministre de l'Intérieur. Qui sont-ils, comment sont-ils organisés ? Reportage RMC sur ces "casseurs".

77 interpellations à Paris, 21 à Nantes, 13 à Toulouse… Les débordements, en marge de rassemblements six jours après la mort de Rémi Fraisse, ont donné lieu à de nombreuses interpellations de "casseurs", comme les a qualifiés samedi le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. "Ces agressions à destination des forces de l'ordre ont conduit aux jets de projectiles, de cocktails Molotov, de balles acides qui ont blessé des policiers et qui auraient pu se trouver à l'origine, une fois encore, de drame", a-t-il ajouté, saluant le travail des forces de l'ordre.

"Ils planquent des armes avant les manifestations"

Qui sont ces "casseurs", que l'on retrouve dans les manifestations en mémoire de Rémi Fraisse ? Des militants qui forment une mouvance hétérogène: anarchistes, écologistes, squatteurs, étudiants… Une seule chose les réunit : le rejet du système, c'est à dire l’État, le capitalisme et les lois. Ils seraient un millier en France, mais aucun mouvement ne les structure et ils s'organisent en collectifs sans existences légales. Impossible pour les autorités de les dissoudre. Ces militants communiquent par Internet et se réunissent dans les manifestations sous l'appellation "Black blocs". Habillés en noir, masqués, casqués, ils s'opposent aux forces de l'ordre et cassent les vitrines des banques principalement, et parfois même des commerces avec leurs armes : pavés, boulons, cocktails molotovs.

"On les retrouve dans chaque manifestation un peu difficile, explique sur RMC Stéphane Léonard, policier et membre du syndicat SGP-FO à Nantes. Ils sont armés. Bien avant la manifestation, ils planquent des armes dans des caves ou dans des voitures. Ils fabriquent des sortes de cocktails molotovs avec un mélange de poudre et d'acide. C'est ce qu'ont reçu les collègues (ce week-end). On voit bien qu'ils sont organisés autour d'un chef de bande. Ils chargent la police dans un mouvement de va-et-vient".

"Protester contre le principe même de la violence policière"

RMC a rencontré plusieurs de ces manifestants, dimanche place Stalingrad à Paris. Une manifestation interdite par la préfecture qui a attiré 300 personnes et a conduit à 77 interpellations. Premier constat, tout le monde est masqué. " On se cache forcément parce qu'on est un peu considéré comme des délinquants, explique Aka. On est tous photographiés, fichés… il vaut mieux rester anonyme dans ces manifestations". "On tue les gens qui ne pensent pas comme la pensée unique. On a nos opinions, nos idées, et on se battra pour les faire entendre", poursuit-il. Robert, lui, est venu manifester a l'appel de plusieurs organisations: "Les anarchistes ont leurs réseaux, moi je suis au NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste, ndlr). Quand un rassemblement de protestation apparaît comme la meilleure solution on y va tous ensemble. Il y a des gens qui sont là pour protester contre le principe même de la violence policière". 
La police, l'ennemi commun et affiché pour ces manifestants. "Les seuls qui ont des tenus de guerre sont ceux qui sont censés nous faire rentrer dans le rang", s'indigne une manifestante.

P. Gril avec R. Poisot et V. Joanin