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Remise du rapport sur les trains Intercités: la crainte des usagers et des élus

TEMOIGNAGES - Suppressions de lignes ferroviaires, remplacement par des bus, réduction de dessertes, les trains Intercités vont faire l'objet d'une restructuration drastique. Ce qui inquiète beaucoup les passagers des lignes visées.

La commission sur "l'Avenir des trains d'équilibre du territoire", présidée par le député PS, Philippe Duron, mise en place par le gouvernement en novembre 2014, rend ses conclusions ce mardi. Entre suppressions de lignes ferroviaires, remplacement par des bus, réduction de dessertes, abandon de trains de nuit… les trains Intercités (anciennement Corail, ndlr) vont faire l'objet d'une restructuration drastique.

"Je ne sais pas ce que je vais faire"

Plus précisément, face à des trajets trop longs avec des trains trop lents ou, pire, des trains fantômes, sans passagers, le rapport préconise une solution radicale : remplacer les trains par des bus. Cela sera notamment le cas du trajet Caen-Le Mans-Tours, du Charleville-Mézières/Metz, du Toulouse-Hendaye ou encore le train qui relie Clermont-Ferrand à Béziers, une ligne symptomatique du problème de rentabilité car il n'y a qu'un seul aller-retour par jour avec une poignée de passagers quotidiennement. Un rapport qui inquiète beaucoup les passagers et les élus locaux comme a pu le constater RMC.

C'est le cas par exemple sur le quai de la gare de Vernon, dans l'Eure, où Geneviève, 69 ans, est particulièrement affolée. Alors qu'elle raccompagne des amis, la fiche des horaires à la main, elle fait part de sa crainte de ne plus voir beaucoup de trains passer dans sa ville. "Si on supprime tous les Intercités et que l'on ne garde que les TER, il n'y aurait aucun train entre 8h00 et 16h00. Pour aller sur Paris de Vernon… Du coup, je ne sais pas ce que je vais faire", s'affole-t-elle.

"Cela serait une régression sans nom"

Alors que plusieurs lignes d'Intercités passent dans l'Eure, Sébastien Lecornu, maire UMP de Vernon et président du Conseil général de l'Eure, se dit préoccupé. En effet, pour un élu, un train qui s'arrête dans sa commune, c'est vital. "Cela serait vraiment une régression sans nom, assure-t-il. Réduire des dessertes sur des gares aussi importantes que Bernay, ville sous-préfecture, Vernon, deuxième ville du département, ou Evreux, ville-préfecture. Comme on dit à la campagne: 'On marche cul par-dessus tête'!".

Supprimer des trains est aussi impensable pour Bruneau Gazeau, président de la Fédération des usagers des transports: "Entre les TGV et les TER, il ne peut pas ne rien avoir ! Il doit y avoir quelque chose pour desservir les villes de France. Je rappelle que le développement économique repose à la fois sur les grandes villes, bien desservies par les TGV, mais aussi sur les villes moyennes. Il faut donc que celles-ci soient desservies par des trains Intercités". A noter que quelques cars pourraient maintenir une offre minimale de transport public sur les lignes les moins fréquentées.