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Rétablissement des contrôles aux frontières: "Si c'est pour la sécurité de la nation…"

Le contrôle aux frontières est rétabli à partir de ce vendredi pour un mois

Le contrôle aux frontières est rétabli à partir de ce vendredi pour un mois - AFP

TEMOIGNAGES - En France, le contrôle aux frontières est rétabli à partir de ce vendredi pour un mois, avec 30.000 policiers mobilisés pour sécuriser l'entrée sur le territoire dans le cadre de la conférence de Paris sur le climat (COP21). Ce qui n'a pas manqué de faire réagir les travailleurs frontaliers rencontrés par RMC…

J-17 avant le début de la COP 21, à Paris. Et pour cet événement, la sécurité doit être à son niveau maximal. C'est pourquoi, dès aujourd'hui, les contrôles aux frontières sont rétablis et ce pendant un mois. Concrètement, 30.000 policiers sont mobilisés pour effectuer des contrôles aux 285 "points de passage transfrontaliers" (voies d'accès routières et fluviales, aéroports et trains) que compte la France. Ainsi, les policiers pourront ouvrir les coffres des voitures, demander aux automobilistes de décliner leur identité et leur point de chute en France.

Un dispositif qui inquiète les 85.000 travailleurs frontaliers qui se rendent chaque jour en Allemagne ou au Luxembourg depuis la Lorraine. "Cela va être très difficile car, étant donné le nombre de frontaliers, je pense qu'il y aura des bouchons interminables. Cela fera des trajets super longs", déplore Angélique, qui traverse tous les jours depuis 10 ans la frontière entre la France et le Luxembourg.

"Pas que cela dure des mois"

"Comme je suis infirmière il va falloir que je parte à 5h00 pour commencer à 7h00; poursuit-elle. Et je risque de ne jamais arriver chez mois avant 17h00 donc cela va vraiment faire des journées très longues". Maryse, qui travaille dans un supermarché en Allemagne, elle, en revanche, approuve ces contrôles: "Si c'est pour la sécurité de la nation, il faut que chacun prenne sur soi. Mais il ne faut toutefois pas que cela dure des mois et des mois".

Sur le terrain, les douaniers ne seront pas plus nombreux que d'habitude mais ils seront secondés par des renforts policiers comme l'explique Edgar Escavi, représentant du syndicat USD-FO-SNCD: "Sur les 290 agents, aucune troupe ne va rester bloquée aux frontières intra-communautaires contrairement à la police ou à la gendarmerie qui, eux, vont avoir des missions accentuées". Et de nuancer quelque peu: "On ne trouvera toutefois pas des policiers et des gendarmes à toutes les frontières. Il n'y a pas besoin d'être à un point fixe pour pouvoir filtrer les personnes". Il précise enfin que, le temps de la COP21, la collaboration avec les services de renseignement des pays frontaliers sera, elle aussi, renforcée.

Maxime Ricard avec Miléna Peillon