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Retraites complémentaires: "Je m'attends à ce que les syndicats suivent les revendications du Medef"

Les partenaires sociaux ont rendez-vous ce vendredi matin pour trouver un avenir au régime de retraites complémentaires

Les partenaires sociaux ont rendez-vous ce vendredi matin pour trouver un avenir au régime de retraites complémentaires - AFP

TEMOIGNAGES - Les partenaires sociaux ont rendez-vous ce vendredi matin pour trouver un avenir au régime de retraites complémentaires des cadres, l'Agirc. Sur la table des négociations, la proposition du Medef de repousser l'âge de la retraite de 62 à 64 ans.

François Hollande les presse de prendre des "mesures courageuses". Pour autant, alors que les régimes de retraites complémentaires sont en jeu, les partenaires sociaux, qui se retrouvent ce vendredi, huit mois après le début des premières discussions, n'ont jamais paru si loin d'un accord. Sur la table des négociations, le Medef propose de repousser de 62 à 64 ans l'âge à partir duquel les cadres pourront toucher leur retraites complémentaires.

Allonger encore les durées de cotisations? C'est plus que nécessaire pour Alexandre, cadre dans les télécoms: "Je m'attends à ce que les syndicats suivent les revendications du Medef. Moi, j'ai 40 ans et j'ai prévu de travailler jusqu'à 70 ans, assure-t-il. Je pense même que 64 ans c'est encore trop peu". Concrètement, pour pousser les employés à travailler plus, le Medef propose un malus pour ceux qui partiraient avant 64 ans et un bonus pour ceux qui partiraient à 65 ou 66 ans.

"A 58 ans, on vous fout dehors"

Pour Hugues, cadre dans une banque, il s'agit d'une carotte illusoire: "L'allongement, toujours l'allongement! C'est très théorique car on sait très bien que personne ne reste dans une entreprise jusqu'à 64 ans", s'emporte-t-il avant d'interroger: "Vous pensez qu'il y en aura combien qui toucheront le bonus ? 10%? Quid des autres 90% ? Eux, ils auront -15%, -25% … On sait très bien que personne ne reste dans les boîtes jusqu'à 64 ans sachant qu'à 58 ans on vous fout dehors."

Il y a toutefois urgence à trouver un accord car si rien n'est fait d'ici à la fin 2017, les caisses seront vides. Les partenaires sociaux sont donc au pied du mur estime Christel Bonnet, spécialiste des retraites au cabinet Mercer: "Je n'envisage pas qu'il n'y ait pas d'accord car si c'est le cas, en 2018, il y aura une diminution immédiate des retraites des cadres. Vous imaginez donc les tensions sociales, les manifestations…" Toutefois, on ne devrait pas en arriver à cette extrémité. En effet, le gouvernement a prévenu: en cas d'échec des négociations il réformera lui-même les retraites complémentaires.

Maxime Ricard avec Barthélémy Bolo