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Révolution fiscale pour les élus locaux: "On ne va pas casser des magasins"

Une enveloppe contenant une déclaration d'impôts.

Une enveloppe contenant une déclaration d'impôts. - PHILIPPE HUGUEN / AFP

A partir de 2018, les maires et élus locaux bénéficieront d’un régime d’imposition similaire au reste des contribuables, en étant prélevés à la source. La fin d’un avantage fiscal qui leur permettait de bénéficier d’un abattement sur leurs indemnités. Ainsi, selon l’Association des maires de France (AMF), ne payaient pas d’impôt sur le revenu les élus dont l’indemnité mensuelle n’excédait pas 1.458,13 euros.

Philippe Laurent, maire (UDI) de Sceaux, chargé des finances à l’AMF:

"Ceux qui seront impactés seront des élus de villes moyennes, qui peuvent être en même temps conseillers départementaux ou régionaux. La plupart du temps, ces élus, lorsqu’il y avait d’autres revenus dans la famille - ceux de leur épouse ou les leurs -, avaient deux choix. Soit intégrer les revenus d’élu dans l’imposition classique, soit les déclarer comme un contribuable isolé, célibataire. En fonction des situations ça pouvait être plus intéressant pour eux. Le système qui va être mis en place va conduire à une harmonisation générale. 

"Cette réaction risque de ne pas être portée par l’opinion publique"

Je ne suis pas certain que tous les élus aient vu cette décision. Il est assez mal vu malheureusement dans notre pays d’être élu.

Je souligne par ailleurs que ce système particulier ne va pas s’appliquer aux parlementaires, comme d’habitude. Eux ils sont toujours assez protégés, ils ont tout ce qu’il faut.

Ça s’appliquera à l’élu local de base qui a des responsabilités importantes sur des politiques de collectivité de tailles moyennes. Donc je pense qu’il va y avoir une réaction. Mais comme toujours cette réaction risque de ne pas être portée par l’opinion publique.

Beaucoup d’élus ayant des responsabilités importantes, qui gèrent des services publics, qui s’occupent de garder un certain développement économique sur leur territoire, commencent à être un petit peu fatigué et lassé de l’attitude des gouvernements. Lassitude aussi à l’égard de la classe politique nationale.

"Nous on ne va pas manifester dans la rue"

Il y a un peu de colère ici ou là, qui s’exprime d’ailleurs. Mais comme nous sommes des gens bien élevés, nous on ne va pas manifester dans la rue, et casser les magasins. Mais ça a déjà découragé lors des précédentes élections, notamment dans les communes de petites tailles. Rassurez-vous il y aura toujours des candidats, mais il y en a de plus en plus qui le sont dans des perspectives partisanes. Le malheur c’est qu’on peut arriver à des positions tranchées qui ne participent pas au rassemblement des bonnes volontés qui serait nécessaire dans ce pays. Ces décisions en font partie, elles participent à ce climat."

Antoine Maes