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Sarkozy et ses déplacements: président ou candidat ?

Christophe Jakubyszyn.

Christophe Jakubyszyn. - -

Nouveau discours de Nicolas Sarkozy aujourd’hui à Toulon, sur la crise de l’euro. La question est de savoir si ce sera un discours de président de la République ou de candidat à la présidentielle. Pour le PS, c’est le candidat Sarkozy qui fait campagne avec des fonds publics.

Il faut dire la vérité: plus on va s’approcher de l’élection et plus Nicolas Sarkozy sera en campagne. Ce jeudi à Toulon, c’est la salle du Zénith qui a été réservée. 5.000 personnes sont attendues. Comme à chaque fois, c’est un véritable barnum qui est mis en place. La scénographie (une estrade, un fond bleu, un pupitre), la sonorisation, la salle de presse pour les journalistes, etc… Et combien ça coute tout ça ? La Cour des comptes, dans son dernier rapport sur le budget de l’Elysée, avait chiffré plusieurs déplacements en province du chef de l’Etat. 284.614 euros pour une matinée en Haute-Marne, 129.544 euros pour une visite en Dordogne, sans compter la mobilisation de centaines de gendarmes et de CRS.

Plainte de François Hollande

Des coûts important et un impact médiatique fort, qui commencent à énerver le candidat socialiste François Hollande. Il a d’ailleurs porté plainte hier auprès de la commission nationale des comptes de campagne sur les frais de déplacement de Nicolas Sarkozy qui relèvent « d'actes de propagande » selon lui et son équipe de campagne. Pierre Moscovici, le directeur de campagne de François Hollande, pense que Nicolas Sarkozy est « à la fois dans l’injustice puisqu’un candidat est favorisé par rapport aux autres, dans l’immoralité parce qu’il se sert des fonds publics qui ne sont pas fait pour ça, et aussi dans l’illégalité ». Réponse ce matin du président de la commission nationale des comptes de campagne dans Libération:
« Au sens du code électoral Nicolas Sarkozy n’est pas entré en campagne. La commission ne peut se fier à une impression. On ne peut pas faire le reproche à Monsieur Sarkozy d’exercer sa fonction auprès des Français ». Circulez, y a rien à voir !

Un discours de président.. mais des attaques de candidat

Au fond c’est un peu vrai. Nicolas Sarkozy ne peut pas s’arrêter d’être président. Tout à l’heure, il va nous parler de la crise et des moyens d’en sortir. C’est ce que réaffirme Laurent Wauquiez : « Le président de la République fait deux à trois déplacements par semaine depuis qu’il est élu sur le terrain. Si les socialistes croient qu’un président de la République c’est « être enfermé à l’intérieur », ils feraient bien de revoir leur conception du rôle d’un président ». Mais ce qui est reproché à Nicolas Sarkozy par l’opposition, c’est par exemple quand il parle de François Hollande : « J’ai vu qu’un candidat à la présidentielle expliquer qu’on allait embaucher 60.000 enseignants donc c’est 500 millions par an multipliés par cinq. Ah bon ? Et depuis quand embauche-t-on un fonctionnaire pour cinq ans ? »

Un déséquilibre financer entre candidats

Un constat tout de même: il y a bien un déséquilibre entre les candidats. Celui entre le sortant et ses opposants. Car le coût des campagnes est sévèrement encadré et contrôlé par l’Etat. Avec un plafond de 16,8 millions d’euros jusqu’au premier tour, 22,5 millions jusqu’au second. Toutes les dépenses sont comptabilisées à partir de la déclaration de candidature. François Hollande a dû même prendre en compte ses dépenses pendant la campagne des primaires socialistes. Le président de la Républque sortant, lui, peut faire campagne gratuitement aussi longtemps qu’il le souhaite. Le Conseil constitutionnel serait bien inspiré de revoir les règles, en intégrant par exemple rétroactivement une partie des dépenses présidentielles.

Écoutez «les Coulisses de la politique» du jeudi 1er décembre 2011 avec Christophe Jakubyszyn et Jean-Jacques Bourdin:

Christophe Jakubyszyn