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Autorisation du glyphosate: "Il n'y a pas de solution miracle"

Lundi, l'Europe a choisi de renouveler son autorisation du glyphosate pour cinq ans. Paris de son côté, maintient sa position d'interdire l'herbicide d'ici trois ans. Emmanuel Macron a commandé un plan de sortie du glyphosate à deux de ses ministres. Mais la FNSEA, le principal syndicat agricole, redoute les alternatives jugées plus coûteuses.

Nicolas Hulot à la transition écologique et Stéphane Travert à l'agriculture travaillent déjà depuis deux mois à l'élaboration d'un plan pour aider les agriculteurs à se passer de l'herbicide. Ils devront présenter une feuille de route commune au gouvernement d'ici à la fin de l'année, alors que Bruxelles vient de renouveler l'autorisation de l'herbicide pour cinq ans.

Les instituts de recherche ont été sollicités, comme l'INRA (Institut national de recherche agronomique) qui doit rendre ce jeudi un rapport sur les alternatives au glyphosate. Mais son président, lui-même, a émis des réserves la semaine dernière devant les députés "Il n'y a pas de solution miracle", a-t-il admis, affirmant que pour se passer du glyphosate, il faudrait revoir tout le système agricole français.

"C'est complètement irresponsable"

Se passer du glyphosate d'ici trois ans, une décision qui fait bondir le principal syndicat agricole. Pour Olivier Dauger membre du conseil d'administration de la FNSEA, les agriculteurs vont se trouver confrontés à la concurrence du reste de l’Union européenne.

"C’est complètement irresponsable, c’est un vrai couteau dans le dos pour l’agriculture européenne parce qu’on va interdire un produit seulement en France alors qu’on est sur des marchés et que l’on sera en pleine distorsion de concurrence par rapport à nos voisins. Les alternatives proposées sont plus coûteuses, donc le produit final sera plus cher et on sera mis en distorsion de concurrence par rapport à nos voisins", alerte-t-il.

"On dit aux agriculteurs 'débrouillez-vous sans', mais tous les autres agriculteurs d’Europe y auront droit et pourront produire moins cher et venir vendre leur produit en France", explique Olivier Dauger.

Benjamin Smadja, Juliette Droz (avec G.D.)