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Ceta: "Une aberration écologique" dénoncent des agriculteurs, le secrétaire d'Etat répond sur RMC

Le traité commercial entre l'Union Européenne et le Canada inquiète certains agriculteurs et notamment des éleveurs bovins.

Des agriculteurs sont inquiets. Après le Mercosur, accord de libre-échange entre l'Europe et des pays de l'Amérique latine, c'est désormais, le Ceta qu'ils dénoncent et défendent l'agriculture à la française. 

L'Assemblée nationale est amenée ce mercredi après-midi à ratifier le Ceta, le traité commercial entre l'Union Européenne et le Canada. Un accord qui supprime progressivement les droits de douanes sur 98% des produits échangés entre les deux zones. Si certains agriculteurs sont gagnants, d'autres pourraient être perdants et sont inquiets. C'est le cas notamment des éleveurs bovins.

"La filière élevage est vraiment en difficulté"

Cela fait maintenant sept ans que Gérald Duwer a repris l'exploitation familiale en Seine-et-Marne à le Plessis-Placy.

Dans son champ, se trouve une trentaine de bêtes, uniquement des races à viande Limousines et Blondes d'Aquitaine. L'éleveur l'affirme: il est contrôlé régulièrement et doit notamment assurer la traçabilité de la nourriture de ses bovins.

Contrairement à ce qui se fait en Europe, certains exploitants canadiens nourrissent leur bêtes avec des protéines animales transformées. Une concurrence déloyale que dénonce Gérald Duwer alors que le secteur en France est déjà très fragile:

"La conjoncture viande bovine est très difficile. Il y a de moins en moins de fermes d'élevage. La filière élevage est vraiment en difficulté et les cotations de la viande ne sont pas au beau fixe. C'est vraiment très compliqué". 

"Pourquoi on irait chercher de la production ailleurs...?"

Face au Ceta, les éleveurs français ont un autre argument: l'impact environnemental de ces boeufs qui arrivent dans nos assiettes:

"Pourquoi on irait chercher de la production ailleurs alors qu'on sait très bien le faire, en plus de bonne qualité. On va faire venir un cargo de je ne sais pas combien de tonnes. C'est une aberration écologique" s'indigne l'éleveur bovins.

Sur toutes ces questions, le gouvernement se veut rassurant. Ces craintes ne sont pas "fondés" assure le ministère de l'Agriculture. Mais les éleveurs des petites exploitations redoutent les grandes fermes canadiennes et des animaux nourris aux farines animales ou dopés aux antibiotiques. 

Invité de RMC ce jeudi matin, Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, s'est attaché a rassurer les éleveurs bovins en affirmant notamment que "le bœuf importé du Canada ne représente que 12 tonnes" en France. 

Le Canada a exporté, en 2018, que 1.000 tonnes de viandes de boeuf vers l'Europe, soit moins de 2% du quota accordé par l'accord commercial.

Nicolas Ropert et Marie Regnier avec Julien Vattaire