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"Il faut qu'on se bouge": l'alerte d'Isabelle Autissier face au changement climatique et aux paquebots

Invitée de la Matinale week-end de RMC, Isabelle Autisser a plaidé pour une action rapide contre le changement climatique et dénonce la présence de la pollution des paquebots proche des habitations.

Si sur le pont des croisières on s'amuse, à quai c'est beaucoup moins la fête. Certains riverains racontent vivre un calvaire à cause de la pollution provoquée par ces immenses paquebots. Plusieurs collectifs de citoyens se réunissent ce samedi à Marseille. Marseille c'est le premier port de croisière de France. Chaque année plus d'un million de croisiéristes y transitent.

Le problème c'est que ces bateaux restent souvent à quai pendant plusieurs jours et leur moteur tourne en continu, avec d'immenses nuages de fumée noire qui s’échappent des cheminées. Dans ces fumées on retrouve des particules fines, du soufre et du dioxyde d'azote. Un cockail mauvais pour la santé et pour la planète.

Les paquebots, gouffre écologique

Les carburants utilisés pour faire tourner les moteurs sont plus polluants que ceux des voitures. Selon l'ONG Transport et environnement, le leader mondial de la croisière de luxe a émis en 2017, avec ses 47 navires, dix fois plus de dioxyde de soufre que l'ensemble du parc automobile européen.

Les riverains demandent des mesures précises de la pollution, un meilleur encadrement des escales et surtout des quais électrifiés ce qui permettrait aux bateaux de se brancher au courant et donc de stopper leur moteur pendant leur escale. Du côté des armateurs, on assure faire des efforts pour réduire les émissions. Un paquebot nouvelle génération a d’ailleurs été mis à l’eau tout récemment. Il rejette 30% de moins de gaz à effet de serre selon l'armateur.

Mais pour des élus et militants plus radicaux, ça ne suffit pas. Ils réclament carrément l'interdiction de ce qu'ils surnomment des "monstres des mers", comme à Venise. Depuis le 1er août, les bateaux ne peuvent plus s'amarrer dans le port et doivent aller plus loin pour protéger le site.

"Il faut qu'on se bouge !"

Et ce pour quoi plaide la navigatrice Isabelle Autissier, présidente d'honneur du WWF, qui demande dans la Matinale week-end de RMC une "interdiction" de ces mastodontes des mers "proche des villes, des habitations":

"C'est une question de santé publique ! Ce n'est pas demain la veille que ces bateaux tourneront avec des moteurs non-polluants. Il faut les remiser loin des gens", plaide la première femme à avoir réalisé un tour du monde en solitaire, en 1991.

Face à ces restrictions un argument économique est mis en avant. Le tourisme maritime rapporte de l'argent et emploie du monde. Rien qu'à Marseille, les escales de croisières c'est plusieurs centaines de millions d'euros qui vont dans la poche de la ville chaque année et c'est aussi 3.500 emplois.

Un argument que déplore Isabelle Autissier qui lance un appel à se "bouger rapidement":

"On a tous les chiffres, les prévisions. La réalité elle est là, le dérèglement climatique est là ! Il faut qu’on se bouge, rapidement, sinon il y aura d’immenses parties de la planète qui ne seront plus habitables. C’est pour demain !"

Dans son dernier roman, la navigatrice explique cet aveuglement face à la modification du climat et pose son décor à Venise. Venise où les paquebots sont interdit, Venise bientôt envsevelie ? "Venise continue à s'enfoncer et le niveau de la mer continue d'augmenter", explique la présidente d'honneur de WWF qui craint que les solutions proposées, des portes pne soient pires que de laisser faire la nature.

"Le remède est pire que le mal. On va être obligés de les utiliser deux jours sur trois et donc faire mourir la lagune, parce qu'elle n'aura plus son apport en eau de mer", alerte-t-elle.
Maxime Martinez et Margaux Bourdin