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Comment mieux rémunérer les agriculteurs? "On ne peut pas continuer comme ça"

Les agriculteurs souhaitent que le prix des matières premières soit non négociable. C'est la proposition phare d'un rapport qui sera remis ce jeudi au gouvernement.

Les agriculteurs peuvent-ils vivre grâce à leur travail en 2021 ? La réponse est non. L'ancien patron du Système U, Serge Papin remet aujourd'hui son rapport sur la rémunération des agriculteurs au gouvernement.

Il plaide pour que la prise en compte du prix des matières premières soit "non négociable" lors des négociations entre producteur, industriels et distributeurs. 

En Occitanie, chaque année, entre 100 et 150 exploitations ferment leurs portes

En attendant, ça gronde dans les campagnes. Reportage à une trentaine de kilomètres de Toulouse, dans la commune d’Auragne. Dans sa ferme du Lauragais, grâce à la centaine de vache laitières, Jean Doumeng peut fournir près d’un million de litres de lait aux industriels qui servent la grande distribution. Seulement voilà, Jean ne reçoit pas les 388 euros prévus par tonne de lait :

"Le prix l’année dernière était à 330 euros, donc en gros il manque 60 euros la tonne, donc sur une année civile à 1 million, ça fait 60.000 euros que nous n’avons pas de recette sur notre exploitation".

Pour ce producteur de lait, il est inacceptable que la loi Egalim ne soit pas respectée :

"Monsieur le ministre, faites appliquer la loi tout simplement ! On ne peut pas continuer éternellement à avoir un prix du lait qui ne corresponde pas à nos coûts de productions et ne nous permette pas de dégager un revenu."

Pour s’en sortir, Jean a décidé de se diversifier en fabricant des glaces, avec les excédents de lait, mais beaucoup de ses confrères n’ont pas de plan B. Dans la région Occitanie, chaque année, ce sont entre 100 et 150 exploitations qui ferment leurs portes.

Jean-Wilfrid Forquès (avec J.A.)