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Le confinement inquiète dans la Nièvre: "A la campagne, à 10 km à la ronde, on ne va pas bien loin"

De nouvelles restrictions sanitaires pourraient entrer en vigueur dès ce jeudi soir dans plusieurs départements. Les zones rurales ne comprennent pas d'être logées à la même enseigne que Paris.

Le confinement devrait s'appliquer à trois nouveaux départements à partir de ce week-end. Le gouvernement va ajouter ce soir l'Aube, le Rhône et la Nièvre à la liste des 16 départements soumis depuis samedi dernier à un "confinement dehors".

Des concertations ont eu lieu avec les élus de ces départements mercredi pour faire passer ces mesures de freinage renforcé, avait expliqué Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement.

Dans ces trois départements, les indicateurs épidémiques se dégradent. Dans le Rhône, par exemple, le taux d'incidence approche les 400, 383 cas pour 100.000 habitants, 445 cas pour 100.000 habitants dans l'Aube.

Et 329 cas pour 100.000 habitants dans la Nièvre. Un département très rural (30 habitants au mètre carré en 2017 selon l'Insee) qui va donc se voir imposer les mêmes mesures qu'en région parisienne, notamment.

Ce que les habitants de la commune de Donzy, 1.600 habitants, au Nord de Nevers, ont du mal à comprendre. Ce spectre d'un confinement, certes moins exigeant qu'il y a un an, fait grincer des dents sur la place du village. Ce que Benoît et d'autres ne comprennent pas, c'est surtout d'être logé à la même enseigne que la région parisienne.

"On est beaucoup moins nombreux, on n'a pas autant de cas que sur Paris donc je ne comprends pas trop."

"Ca limite beaucoup la vie quotidienne"

Incompréhension. Mais pas forcément d'appréhension. Séverine a vu que depuis une semaine, les habitants de départements confinés pouvaient vivre presque normalement.

"Ca rassure mais aussi on se pose la question de la crédibilité du projet de confinement."

Ce qui l'embête, surtout, c'est plus de ne pas pouvoir aller à plus de 10 km de chez elle.

"Si on veut trouver un libraire par exemple il faut faire au moins douze kilomètres de chez nous, ça limite beaucoup la vie quotidienne". Johan confirme: "A la campagne, à dix kilomètres à la ronde on ne va pas bien loin."

Une mesure peu adaptée à la commune de 1.600 habitants reconnaît la maire de Donzy, Marie-France Lurier. Mais elle estime quand même nécessaires des restrictions renforcées.

"Il semble qu'on ait des tests de plus en plus souvent positifs, la capacité hospitalière n'est pas très élevée donc il faut faire quelque chose."

Dans le département, le port du masque avait déjà été rendu obligatoire dans 13 communes dimanche dernier.

Martin Bourdin (avec J.A.)