RMC

Contre la volonté des élus locaux, l'Etat veut vendre un campus agronomique à un promoteur

RMC S'ENGAGE POUR VOUS - Tous les matins, Marie Dupin vole au secours de nos auditeurs.

Nadine Gohard, maire d'une petite commune des Yvelines, Thiverval-Grignon, fait appel à RMC car l'Etat veut vendre un site exceptionnel de sa commune à un promoteur immobilier.

Ce site héberge actuellement un campus agronomique avec une forêt, une ferme, un château du XVIIe siècle... Et tout va être cédé à Altaréa-Cogédim, pour y faire des logements qui seront revendus à la découpe. Et ça, la maire, elle désapprouve.

"C'est encore une prérogative des maires de pouvoir construire là où ils ont envie. Et ça, l'Etat n'en a pas tenu compte. Donc là, c'est extrêmement grave ce qu'il va se passer. Aux ministres, je leur dis qu'il est encore temps d'arrêter, et de ne pas signer cette promesse de vente. Et de recommencer avec les partenaires locaux"

"Il faut garder ce patrimoine dans le giron de l'Etat car c'est un endroit exceptionnel"

Alors ces élus locaux ne sont pas seuls. Ils sont soutenus par des responsables politiques de droite comme de gauche comme l'écologiste Delphine Batho.

"Dans un moment d'accélération du réchauffement climatique, d'effondrement du vivant, on a beaucoup d'enjeux sur les pratiques agricoles et sur notre souveraineté alimentaire. Il faut garder ce patrimoine dans le giron de l'Etat car c'est un endroit exceptionnel"

"L'Etat a préféré un projet mercantile plutôt qu'un projet d'intérêt général"

Pourtant l'Etat n'est pas du tout obligé de vendre à un promoteur. Il y a un projet alternatif monté avec les collectivités et d'anciens élèves du campus. C'est Bertrand Hauet qui porte ce projet pour la communauté de communes.

"On n'avait pas un contre-projet, mais un projet de centre international sur l'environnement et la transition agricole. L'Etat a préféré un projet mercantile plutôt qu'un projet d'intérêt général. C'est une grosse interrogation qu'on peut avoir. Qu'est-ce qui a pu motiver leur choix?"

Et c'est vrai qu'il y a beaucoup de questions sur cette vente. Par exemple: comment l'Etat peut-il céder des bois inaliénables sans passer par une loi alors que c'est obligatoire? Pourquoi n'a t-il pas proposé à la commune d'exercer son droit de priorité avant de lancer un appel d'offres?

On aurait vraiment aimé poser ces questions mais le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie nous a renvoyé vers le ministre en charge des Comptes publics qui nous a re/renvoyé vers Julien Denormandie. Au final, pas de réponse. 

Ceci dit l'histoire n'est pas terminée

Après nos multiples coups de téléphone la maire de Grignon a obtenu un rendez-vous mercredi matin avec le directeur de l'Immobilier de l'Etat qui est en charge de cette vente.

Et elle va tenter de former un recours gracieux en espérant que l'Etat fasse marche arrière. 

Marie Dupin et Anne-Lyvia Tollinchi (avec J.A.)