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Droit au répit pour les agriculteurs: un outil de prévention pour éviter d'en arriver au burn-out

Financée par le ministère de l'Agriculture, l'aide au répit permet aux agriculteurs surmenés de prendre quelques jours de vacances. RMC a rencontré une éleveuse de porcs dans la Drôme.

Les agriculteurs aussi ont le droit à des vacances. Après les récentes crises du lait et du porc, beaucoup d'agriculteurs sont au bord du burn-out. Selon leur protection sociale, la MSA, la moitié des agriculteurs ont touché moins de 350 euros en 2016.

Cette année, ils peuvent bénéficier d'une aide au répit: pendant 7 jours maximum, l'exploitant en situation d'épuisement est remplacé dans sa ferme pour souffler, partir en vacances ou tout simplement se déconnecter et retrouver sa famille.

Marie, éleveuse de porcs dans la Drôme, en a profité pour partir quelques jours avec son mari: "On est partis 4 jours dans l'Aveyron et on a pensé à nous, juste tous les deux. Les enfants et les cochons, on n'a pas du tout pensé à eux".

"Important de retrouver un rythme un peu normal"

Car 6 ans après la création de leur ferme, 6 ans sans pause et sans vacances, Marie a bien vu que son compagnon Cédric n'en pouvait plus. Ils ont donc demandé l'aide au répit: "Depuis 6 ans, j'avais senti une frustration chez lui et chez moi du fait que tous les jours, c'est la même chose. Et même les week-ends, ce ne sont pas des week-ends. Pour moi, c'était important que l'on puisse retrouver un rythme un peu normal".

Cette aide prise en charge à 100% permet aux producteurs de souffler et d'éviter la faillite ou des drames. Pour Emilie Moret, de la protection sociale des agriculteurs, la MSA, c'est essentiel: "Pour nous, c'est un réel outil de prévention pour éviter d'en arriver à l'épuisement total, à un burn-out professionnel et limiter ce nombre de suicides que l'on entend quotidiennement. Ce temps de pause leur permet de revenir les batteries rechargées".

4 millions d'euros ont été alloués par l'Etat à cette aide qui doit bénéficier à 4000 agriculteurs. 600 exploitants en ont déjà bénéficié depuis février dernier.

Gwenaël Windrestin (avec P.B.)