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"Il faut mettre fin aux exonérations fiscales dont bénéficie le transport routier": mais pourquoi faire?

Dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron, des ONG estiment que l'Etat ne doit plus subventionner un "désastre écologique et sanitaire".

"Il faut mettre fin aux exonérations fiscales dont bénéficie le transport routier": c'est ce que réclament des ONG dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron. Elles estiment que l'Etat ne doit plus subventionner un "désastre écologique et sanitaire", à hauteur de près de 8 milliards d'euros en 2017, avancent-elles.

En effet, les poids-lourds, les camions de marchandises, paient le gazole moins cher que les automobilistes, tout comme certains véhicules de chantiers également. Ils obtiennent chaque semestre le remboursement d'une partie des taxes sur le carburant, comme la taxe carbone notamment.

En 2017, 7,6 milliards d’euros de ristournes ont été accordées au gazole de différents secteurs économiques, dont le transport routier de marchandises (soit 25% d’exemption de taxes sur les carburants), auxquelles s’ajoute environ 1 milliard annuel d’exemption de l’augmentation de la Contribution Climat Énergie. 

"Le nombre de camions en circulation ne cesse de croître" selon ces organisations. Les ONG pointent "l'impact grave sur la santé des Français et leurs finances à un double titre: "la prise en charge des impacts sur la santé et l'entretien de routes toujours plus abîmées".

La réponse des transporteurs

Pour les associations, il faut donc lever les exonérations fiscales du transport routier. Une "hérésie" dénonce un signataire de la lettre ouverte pour qui "le contribuable n'a pas à payer pour ces gros pollueurs, même pas 5% du trafic et pourtant responsable du quart des émissions de CO2 sur la route". 

Si rien n'est fait, cette part va augmenter alerte l'agence européenne pour l'environnement. Les transporteurs menacent d'augmenter leurs prix si la niche fiscale disparaît... au plus grand plaisir des associations écologiques, qui proposent de développer davantage le rail ou le transport fluvial.

Interrogée, la secrétaire d'Etat Emmanuelle Wargon a admis que "la question se pose", pour des raisons d'équité, mais que la réponse n'est pas encore définie. 

Nicolas Traino