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Incendies: qu'est-ce que la tourbe, qui a favorisé la reprise du feu en Gironde?

Plus de 1.000 pompiers luttent actuellement contre un énorme incendie en Gironde. Il ravage un secteur qui avait déjà été en flammes il y a un mois. En réalité, il avait été maîtrisé, mais il a continué de couver sous terre, ce qui a favorisé la reprise du feu ces derniers jours.

Le gros incendie qui sévit en Gironde et dans son département voisin, les Landes, a déjà détruit près de 7.000 hectares de végétations mais aussi 17 maisons. Plus d'un millier de pompiers sont sur place et tentent de le maîtriser.

Un sol fait de tourbes

Au même endroit, il y a un mois, un incendie avait déjà fait rage. Hasard malheureux ou phénomène naturel ? Si les sols sont très secs et que la moindre étincelle peut faire partir un feu, plusieurs facteurs ont ici contribué à cette reprise de feu. L'une des raisons c'est la particularité du sol, fait de tourbe, une accumulation de végétaux morts hautement inflammables.

Le feu aurait donc continué à couver dans les terres depuis juillet. Mercredi, sur BFMTV, le maire de Biganos (Gironde) a indiqué que la température de la terre était de 150°C en profondeur, selon des relevés réalisés en début de semaine.

"La tourbe ce sont des végétaux qui se sont accumulés dans un endroit où il y avait beaucoup d’eau, indique sur RMC ce jeudi 11 août 2022, Francis Muller, directeur du Pôle-relais tourbières en France. Ce sol il est composé en grande partie de carbone et cela rend ainsi possible sa combustion."

"On ne sait pas où il arrive"

Le plus impressionnant dans ce phénomène ? "Le feu peut couver dans le sol parfois pendant des semaines ou des mois, il se fait lentement", ajoute le spécialiste.

Tout cela n'est d'ailleurs pas visible à l'oeil nu. "On ne va pas voir de flammes qui vont se manifester", par conséquent, "c’est un feu qui pose vraiment des difficultés parce qu’on ne sait pas où il arrive et où il se produit".

Il conclut: "Il est très difficile de venir à bout d’un tel feu tant que les conditions météorologiques ne se sont pas améliorées et qu’il ne pleut pas copieusement."

La rédaction de RMC