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La Corse touchée par une marée noire: ce que l'on sait

Une pollution aux hydrocarbures au large de la Corse dérivait vers le sud de l'île dimanche et commence à toucher les terres.

Une pollution peut-être due à un dégazage illégal en mer. Une dizaine de pompiers vêtus de combinaisons blanches ramassaient lundi à la pelle de petites galettes d'hydrocarbures sur la plage de Solaro, après une pollution en mer repérée trois jours plus tôt au large.

Des résidus d'hydrocarbures ont été découverts sur cette plage de la côte est de la Corse, après le probable dégazage sauvage d'un navire, a indiqué la préfecture de Corse.

"Les résidus sont répartis sur environ 500 mètres de long et 50 centimètres de large de manière discontinue", a précisé la préfecture, ajoutant que des moyens étaient déployés pour ramasser ces restes d'hydrocarbures.

L'accès de la plage, située à la limite de la station balnéaire de Solenzara, était bloqué par les gendarmes lundi, de même que celui du camping voisin. Un tracteur filtrait ensuite les résidus restants sur le sable.

Des petites galettes noires se sont échouées dimanche soir sur cette plage. Elles se sont répandues dans le sable, sur une bande d'environ 50 mètres de long.

Les gendarmes et les pompiers doivent réaliser des reconnaissances à terre pour identifier "d'éventuelles autres zones d'échouages ou de présence d'hydrocarbures en mer", selon la préfecture. Un drone est également mobilisé.

Accès aux plages interdit, pour la pêche aussi

Une dizaine d'autres nappes sont scrutées de près, au nord du golfe de Porto-Vecchio, car elles se rapprochaient dangereusement des côtes dimanche soir. L'accès aux plages des communes du sud de la Haute-Corse reste donc interdit, même interdiction pour la pêche en Corse du Sud.

Dans un communiqué, la préfecture rappelle que l'accès aux plages et la baignade restent strictement interdits et qu'il faut immédiatement joindre les pompiers ou la gendarmerie en cas de découverte de résidus d'hydrocarbures.

En mer, cinq bateaux sont à l'oeuvre et seront rejoints par un remorqueur d'Ajaccio dans la journée pour repêcher les hydrocarbures. Plusieurs tonnes ont été récupérées dans le week-end, mais la "pollution est de plus en plus morcelée et dispersée", a indiqué à l'AFP la capitaine de frégate Christine Ribbe, porte-parole de la préfecture maritime de Méditerranée.

Une enquête a été ouverte par le parquet de Marseille, compétent pour les affaires de pollution maritime sur le littoral méditerranéen français, sur cette pollution probablement due au dégazage illégal d'un navire.

Elle a été confiée à la gendarmerie maritime qui devra notamment tenter de retrouver le navire à l'origine du dégazage sauvage. Des investigations devront être menées sur trois navires qui ont été présents dans une zone élargie autour de la pollution, avait indiqué à l'AFP le colonel Jean-Guillaume Remy, commandant du groupement Méditerranée de la gendarmerie.

Margaux Bourdin (avec J.A.)