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"Il a fallu tout balancer": le désarroi d'un boucher, obligé de jeter sa viande après les coupures d'électricité à cause de la neige

Privé d'électricité pendant plusieurs jours, il a dû se résoudre à jeter la viande entreposée dans sa chambre froide dont la température était montée jusqu'à sept degrés.

Six jours après les importantes chutes de neige, on découvre peu à peu l'impact des intempéries. Des milliers de foyers, dont certains pendant près de 5 jours, ont vécu sans électricité. Au plus fort de la crise, jusqu'à 330.000 foyers ont été privés d'électricité dans le centre-est.

Dans certaines communes de la Drôme notamment, le courant n'est revenu que mardi en fin de journée. La ministre de la Transition Écologique Elisabeth Borne a rappelé à l'Assemblée nationale l'engagement de l'Etat aux côtés des victimes. Car la facture des dégâts pourrait être salée, pour les commerçants et les agriculteurs notamment. La neige est encore bien présente dans l'arrière-cour de sa boucherie, mais Denis Descours a le cœur serré. "On a jeté, godivo, des poitrines cuites et j’en ai encore dans les chambres froides", affirme-t-il. 

Le boucher de Chatuzange-le-Goubet a passé 4 jours sans courant. Son petit groupe électrogène n'a pas suffi. Et le constat est sans appel : entre 6 et 8000 euros de viande et de plats préparés sont partis à la poubelle.

"Y a l’huissier qui est passé et du moment que la chambre est à 7 degrés et que normalement la viande doit être en 2 et 4 degrés, il fallait tout balancer. Les assurances ont dit qu’elles allaient se retourner contre Enedis. Ce n’est pas normal qu’à cette époque, on soit encore privé d’électricité comme ça", explique-t-il 

L'électricité rétablie presque partout

Les derniers foyers ont été réalimentés en électricité seulement mardi soir par le gestionnaire Enedis. Christian Gauthier est le maire de la commune.

"Il est possible qu’on connaisse ce type de phénomène de façon plus rapproché et il faut à tout prix qu’Enedis ait des procédures qui leur permette de réagir le plus rapidement possible. C’est indispensable", affirme-t-il.

Et le boucher lui s'active en cuisine, il rouvrira ses portes demain pour retrouver ses clients et relancer son activité.

Gwenaël Windrestin avec Guillaume Descours