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"Quand on voit ça, on se dit que c'est la fin du monde": des habitants encore totalement isolés dans les Alpes-Maritimes

REPORTAGE RMC - Des villages du Sud-Est restent encore totalement isolés après les violentes intempéries. Les habitants de Fontan doivent faire 4 heures de marche aller-retour pour se ravitailler.

Ils sont coupés du monde. Certains habitants des vallées de la Vésubie, de la Roya et de la Tinée sont toujours sans électricité mais aussi internet et téléphone.

7.500 foyers étaient encore sans électricité lundi. Pour tenter de réalimenter ces villages isolés plus d'une centaine de groupes électrogènes ont été acheminés par hélicoptère.

L'opérateur Orange qui fait face à des "dégâts considérables" sur ses réseaux a mis à la disposition de 12 communes des téléphones satellitaires et doit installer à partir de ce mardi 15 points d'accès wifi pour les habitants.

Route totalement bloquée, 2 heures de marche pour récupérer des vivres

3 villages sont encore inaccessibles par la route: Fontan, Saorge et Tende, tous dans la vallée de la Roya. Pour les habitants de Fontan, la seule option pour avoir du réseau et faire quelques courses est de marcher 4 heures aller-retour par l'unique route très endommagée par la tempête pour rejoindre Breil-sur-Roya.

Fontan reste coupé du monde. "On y va pour se ravitailler, recharger nos téléphones, appeler nos familles... On est isolés. C'est notre seule route, sans elle on ne peut rien faire", confie Mégane.

"C'est difficile moralement"

A Fontan, pas d’eau pas d’électricité. Des maisons ont perdu leur façade. On discerne les chaises de la cuisine et une armoire au-dessus du vide: la rivière a tout emporté, comme chez Simon, 92 ans.

La vie depuis vendredi est rude. Plus d’eau au robinet. Camille compte sur une source d’eau non potable. Elle en ramène plusieurs seaux par jour pour sa cuisine ou la toilette. Dans le noir, et le froid.

"Le soir on s'éclaire avec le peu de bougies qui nous restent. Parce qu'on en voulait plus en il n'y en a plus. On se couche tôt parce que la bougie, ça va cinq minutes. Et il fait froid donc on se blottit sous la couette. Quand on voit l'état du village on se dit que c'est la fin du monde. C'est difficile moralement. C'est un désastre, on voit EDF travailler mais on ne sait pas quand l'électricité va revenir."

A la mairie, Cécilia Sotto accuse le coup. L’adjointe aimerait avoir la réponse face à la détresse des villageois. "Ils font de leur mieux, peut-être demain, peut être après. La population est catastrophée, désolée."

Pour l’instant, seuls les hélicoptères sont en mesure d’apporter eau, nourriture et le groupe électrogène tant attendu.

Maxime Brandstaetter et Nicolas Traino (avec J.A.)