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République: "Ils nous ont enfermés pour nous punir", s’indigne un manifestant pacifiste

RMC recueilli les témoignages de manifestants pacifistes qui se sont retrouvés au milieux des échauffourées dimanche, place de la République à Paris.

RMC recueilli les témoignages de manifestants pacifistes qui se sont retrouvés au milieux des échauffourées dimanche, place de la République à Paris. - AFP

TEMOIGNAGES - Sur près de 300 interpellations, dont 174 gardes à vue, après les affrontements de la place de La République, dimanche à Paris, seulement neuf gardes à vue ont été prolongées lundi soir. Dès lors, toutes les arrestations étaient-elles justifiées?

Près de 300 interpellations dont 174 gardes à vues et de fermes condamnations politiques. Des violentes échauffourées ont éclatés entre forces de l'ordre et manifestants anti-COP21, alors de que nombreux manifestants pacifistes étaient encore sur la place de la République, à Pairs.

En tout, neuf gardes à vue seulement ont été prolongées lundi soir, pour violences sur policiers et jet de projectiles. Dès lors, toutes ces arrestations étaient-elles justifiées? RMC recueilli les témoignages de manifestants pacifistes qui ont été arrêtés et placés en garde à vue.

"Parqués dans un parking, dans le froid"

C’est le cas de cet étudiant de 27 ans, militant du NPA, venu manifester dimanche. Il assure n'avoir jeté aucun projectile contre les CRS et dénonce des conditions de garde à vue scandaleuses.

"On s’est retrouvé dans un commissariat à Bobigny - on ne pouvait pas faire rentrer tout le monde dans le commissariat lui-même", témoigne-t-il ce mardi au micro de RMC. "On a passé la nuit dans des conditions complètement délirantes, à plus d’une centaine, je pense, parqué dans le parking où il faisait très froid. Etre enfermé dans des conditions comme ça, c’est extrêmement pénible. On ne sait pas ce qu’il nous arrive. Il n’y avait rien à enquêter, rien à dire… La seule chose qui s’était passée, c’est qu’on s’était rassemblés, que c’était certes interdit, mais qu’on n’avait pas fait de violences! Et ça, tout le monde le savait pertinemment. Ils nous enfermés pour nous punir, ce qui n’est pas le rôle d’une garde à vue. Maintenant, c’est vrai qu’avant d’aller à une manifestation, on sera obligé de se demander si on est prêt à passer 24 heures en garde à vue".

"Les policiers disaient qu'ils avaient mieux à faire"

Mais c’est également ce qui est arrivé à cet enseignant de 31 ans, arrêté lui aussi par les forces de l’ordre. Il s’estime victime d’une arrestation purement politique.

"Généralement, les forces de l’ordre laissent partir les gens", raconte-t-il à RMC. "Donc parfois ça peut durer quelques heures mais on ne va pas jusqu’à la garde à vue. Là, ce qui était assez frappant, c’est à quel point les forces de l’ordre ne voulaient pas négocier, ne voulaient pas nous laisser partir. Et ça, même en discutant avec eux, ils disaient immédiatement ‘ce sont des ordres du ministère et c’est une volonté du gouvernement de se montrer comme étant un gouvernement sécuritaire’. C’était des policiers qui étaient réquisitionnés de tout le 93, en fait. Ils disaient qu’ils avaient mieux à faire. Et donc ça a demandé une mobilisation massive de policiers pour quelque chose de parfaitement inutile".
C. P. avec Marie Dupin