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"Tout le travail qui a été fait depuis le début du printemps est perdu": le désespoir des agriculteurs après les épisodes de gel

Le gel a détruit les récoltes sur plusieurs milliers d'hectares dans la plupart des régions française: vignobles, on en a beaucoup parlé, mais aussi arbres fruitiers, cultures de céréales.

Léo Bouchut, producteur de fruits bio dans la Loire a perdu la totalité de ses abricots. “On peut regarder à l’intérieur, on voit l’amende qui est marron et donc à partir de là, le fruit ne sera pas viable”, indique-t-il. Une partie des cerisiers et des pommiers devraient être sauvés. Mais pour les arbres qui étaient en fleurs, difficile de se prononcer tout de suite.

“Il y a quand même des fleurs. Les pétales ont quand même ramassés, ils sont tous grillés, abîmés. Mais quand on regarde à l’intérieur, le futur fruit est encore bon, il est encore tout vert donc on a espoir ici de pouvoir en ramasser quelques-uns", espère-t-il.

Verdict à la fin de la floraison dans un peu plus d'un mois. Chiffrer les pertes sera long et difficile, pour Antoine Pariset, porte-parole de la confédération paysanne du Rhône, il ne faut pas se limiter aux dégâts matériels. 

“Tout le travail qui a été fait depuis le début du printemps est perdu. Donc toute la main d'œuvre qui a été embauchée pour éclaircir des vergers et autres, c’est de l’argent qui a été dépensé et qui ne sera pas rentré puisque les fruits ne seront pas récoltés ou vendus”, appuie-t-il. 

Des aides exceptionnelles

L'Etat s'est engagé à débloquer des enveloppes exceptionnelles pour venir en aide aux producteurs, pour l'instant aucun montant ne leur a été communiqué. La crainte des agriculteurs, c'est d'abord que les indemnités mettent du temps à arriver sur les comptes en banquer. Il faut déjà évaluer l'étendue des dégâts, recenser tous les agriculteurs victimes du gel.

Puis déterminer la perte occasionnée par cette vague de froid pour chacun d'entre eux. Or ce n'est qu'après la récolte que les agriculteurs connaîtront le montant exact de l'aide à laquelle ils ont droit.

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Pour bénéficier du Fonds des calamités agricoles, il faudra justifier d'une perte d'au moins 30%, par rapport à la moyenne des 5 dernières années. Mais les viticulteurs et les céréaliers, notamment, en sont exclus. Ce dispositif était adapté aux intempéries localisées.

Le monde agricole estime qu'il l’est beaucoup moins face à un épisode météo qui a touché quasiment toute la France, qualifiée de catastrophe agronomique du siècle par le ministre de l'Agriculture.

Lucie Nolorgues et Martin Bourdin avec Guillaume Descours