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Vente du campus de Grignon, dans les Yvelines: l'Etat propose à la commune de racheter le site

INFORMATION RMC - RMC S'ENGAGE POUR VOUS - Nous vous en parlion sur RMC: une petite commune des Yvelines qui se bat contre le rachat d'un site historique par un promoteur immobilier. RMC s'est procuré des documents qui montrent que l'offre du promoteur n'est peut-être pas si intéressante que ça financièrement pour l'Etat.

À Grignon dans les Yvelines, on trouve la plus ancienne école d'agriculture en France: le site d'Agroparitech avec un château du XVIIe siècle , des bois et une ferme pédagogique. Un très bel endroit que l'Etat veut vendre à un promoteur immobilier pour en faire des logements de luxe. Le promoteur Altaréa avait remporté l'appel d'offres. C'était plié.

Sauf que l'Etat avait fait une petite erreur qu'on vous avait révélé sur RMC: il avait "oublié" de proposer d'abord à la commune d'acheter le site. C'est ce qu'on appelle le droit de priorité c'est obligatoire. Du coup la signature de la promesse de vente a été repoussée après notre reportage et selon nos informations le droit de priorité a cette fois bel et bien été proposé à la mairie.

La mairie va-t-elle vraiment pouvoir racheter le site?

Il faut savoir que l'on parle d'une toute petite commune: Grignon c'est moins de 2000 habitants. Et l'Etat lui propose d'acheter le site pour 18 millions d'euros, c'est à dire le montant proposé par le promoteur. Donc ça va être compliqué. Mais la maire n'est pas seule: elle essaie de monter un nouveau projet pour préserver l'histoire du site, et en faire un lieu dédié à l'agriculture de demain avec la communauté de communes, avec des anciens élèves d'Agroparitech, mais aussi avec la région et le département. Et tous ensemble ils devraient pouvoir réunir 12 millions d'euros.

L'Etat vraiment perdant dans l'affaire?

A priori c'est ce qu'on pourrait croire...Sauf que nous à RMC on s'est procuré un document interne de l'entreprise Altaréa. Et que montre ce document ? Eh bien que le promoteur a prévu de transformer un des bâtiments historiques en appartements et de les revendre ensuite via le dispositif de défiscalisation des Monuments historiques.

Concrètement, ça veut dire que des particuliers riches vont acheter à Altaréa ces appartements et en échange, ils auront une réduction d'impôt. Ils pourront défiscaliser le montant des travaux. Et donc ça pourrait coûter cher à l'Etat, jusqu'à 6 millions d'euros selon nos calculs. Au final pour l'Etat en terme financier, ce ne serait pas forcément plus intéressant de revendre au promoteur puisque 18 millions moins 6 ça ferait 12 millions et 12 millions c'est justement ce que proposent la communauté de communes, la mairie et les anciens élèves d'Agroparitech.

Le feuilleton n'est pas terminé et évidemment on va continuer de suivre le combat de cette mairie pour sauver ce site historique.

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Marie Dupin