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Si Alma gagne l’Eurovision, j’espère que la personne à côté de moi saura me ranimer

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Pour certains, l’Eurovision n’est pas une simple émission qu’on regarde entre amis un verre à la main. C’est le cas de Stéphane Chiffre, président de l’association Eurofans, qui regroupe les 300 inconditionnels français de l’Eurovision. Il défend un concours "pas du tout ringard".

Stéphane Chiffre est le président d’Eurofans, une association de 300 membres regroupant des fans français de l’Eurovision.

"Pour moi, ça a commencé dans la cour de récréation, à la maternelle. Je suis né en 1970, et en 1976 on chantait déjà la chanson française de l’Eurovision. L'année suivante c’est la chanson de Marie-Myriam… J’ai un peu lâché ensuite pendant mes études mais j’ai vite repris. Grâce à Julien Lepers, qui était commentateur en 1999: il mentionne l’existence d’un fan-club dans une petite ville du Loiret. J’ai adhéré en 2001, et depuis j’y vais chaque année.

On est tout à fait au-delà du côté ‘Allez la France!’. On est fans du concours. Comme les règles nous empêchent de voter pour notre propre candidat, on est amené à en soutenir d’autres. Après, évidemment on encourage notre candidate. Alma, on la soutient. Avec elle on n’a pas du tout à rougir des autres candidats. On a fait des badges pour elle, et on nous les demande sans arrêt.

Il y a toujours une période post-concours où on dit que c’est la dépression du fan. Et puis ça revient à partir de septembre. Les premières chansons sont annoncées en novembre-décembre, jusqu’à mi-mars. Donc il y a toujours de l’activité Eurovision. Il faut savoir gérer et prioriser. Je ne suis pas un extrémiste du concours, je tiens à maintenir un équilibre avec ma vie personnelle ou professionnelle. Mais évidemment, en mai, l’Eurovision prend beaucoup de poids.

"Moi je n’ai jamais trouvé ça ringard"

C’est ringard en France? De moins en moins. Et moi je n’ai jamais trouvé ça ringard. C’est une vision de certains en France qui ne prennent pas le temps de regarder le concours. Il est extrêmement moderne depuis quelques années. C’est une production qui fait 3h30, en direct, c’est un énorme show.

Une artiste comme Conchita Wurst a redonné beaucoup de visibilité au concours. On l’a ressenti au niveau des adhérents du fan-club. Avant, le choix des chansons n’était pas forcément très moderne. Avec des artistes pas forcément confirmés. Cela se ressentait sur scène, et ça se ressentait très vite dans les votes. La France n’ayant pas forcément de grosses communautés dans d’autres pays, très vite si la chanson n’est pas très bonne, on termine en bas du classement. Maintenant, on est beaucoup plus fiers d’être Français.

"Alma est très bien placée"

Une victoire s’approche? Alma est très bien placée, on a la chance d’avoir la plus belle candidate du concours. Elle est très bien habillée, elle ne porte pas de meringues comme un certain nombre de candidats. On a quelque chose de très moderne à proposer. Elle passe en dernière position et ça peut être un avantage: quand on a vu 26 chansons c’est difficile de se rappeler des premières. C’est un avantage pour elle.

Je me souviens parfaitement en 1991 quand la France était à égalité avec la Suède, avec Amina qui nous représentait. Finalement elle n’avait pas gagné. Donc la dernière fois c’était Marie-Myriam en 1977: je m’en souviens, même si j’avais à peine plus de six ans. Cette année, si Alma gagne, j’espère que la personne à côté de moi saura me ranimer. Je serais très ému".

Propos recueillis par Antoine Maes