RMC

"Si quelqu'un veut investir, il est le bienvenu": l'appel des salariés d'Ascoval

-

- - -

Stupeur et tremblements pour les 281 salariés d'Ascoval: alors qu'ils approchaient du bout du tunnel, avec la reprise de leur usine, validée en décembre dernier, voilà que le repreneur annonce qu'il n'a pas l'argent nécessaire. Il ne reste donc que 5 jours pour sauver l'usine.

La survie de leurs emplois ne tient désormais qu'à un fil. Mais le patron d'Altifort, Bart Gruyaert, assure, lui, qu'il "ne jette pas l'éponge" et qu'il "se concentre à trouver une solution" financière d'ici à l'audience du tribunal de Strasbourg, qui aura lieu le mercredi 27 février. 

Pour rappel, la justice avait mis fin le 19 décembre à un interminable suspense en validant la reprise d’Ascoval par Altifort pour un montant de 152 millions d'euros.

Créé il y a quatre ans, ce groupe sidérurgique a grandi par rachat successifs. Il emploie 1.500 salariés, dont 1.370 en France, pour un chiffre d'affaires prévisionnel annoncé de 200 millions d'euros en 2018.

"C'est vraiment une trahison"

Pour les salariés devant l'usine, c'est la douche froide. "Une trahison", c'est comme ça que Pascal Loisse, salarié d'Ascoval depuis 37 ans, a vécu l'annonce par Altifort. L'élu CFDT ne digère pas le retrait de la société franco-belge qui devait reprendre l'aciérie de Saint-Saulve.

"Révoltés. On a fait confiance à des gens et aujourd'hui, on se rend compte qu’ils nous laissent dans l’incertitude. Qu’ils laissent mes collègues et leur famille. C’est vraiment une trahison".

"On est sur 1.000 emplois qui risquent de partir donc ce serait une catastrophe"

Tout aussi écœuré, Bruno Kopczynski veut malgré tout y croire. Il faudrait trouver un repreneur qui apporte 35 millions d'euros. "Un miracle", reconnait le porte-parole de l'intersyndicale.

"Avant mercredi il faut trouver une solution. C’est ça ou on revient en arrière et on part à la liquidation. On est sur 1.000 emplois qui risquent de partir donc ce serait une catastrophe pour les Valenciennois. Le moindre investisseur qui croit en nous, qui est intéressé par une usine avec des mecs vaillants, qui a envie de se battre, qui a un carnet de commandes, qui est neuve, qui a un potentiel reconnu, si quelqu'un veut investir il est le bienvenu".

Les élus locaux assurent avoir contacté de nouveaux repreneurs potentiels. Le temps presse, le tribunal de Strasbourg doit décider mercredi de l'avenir de l'aciérie nordiste.

Nicolas Ropert (avec Caroline Petit)